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Lundi 5 février 2007


(c) Vladimir Gil


par maya publié dans : images
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Vendredi 2 février 2007

Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que puis-je espérer ? La lumière revient déjà et le film est terminé. Je prenais dans un disque une parcelle, une poussière, un éclat infime pour en faire une cellule inédite, une structure nouvelle, dégagée du contexte original. Un nouveau son impossible à obtenir autrement. De ces microarrachements on obtenait des sons de caractère dynamique, des pédales, des continuums très marqués par leur répétition cyclique. C'est comme si nous étions un immense texte : il y a à lire pour chacun partout. Nous produisons des signes, du texte, et notre tâche c'est d'interpréter. D'autres fonds à explorer, t'avoir c'était une chance, mais c'est notre dernière séance, on garde ton humour ta simplicité. Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien.

 

 

Puisqu’il s’agit là de l’addition de l’homme. Dans le discontinu, tu trembles et marques en blanc sur la page ce qu’il t’arrive de perforer. Tu traces dans les interlignes le temps inédit. Toi qui est vu, celui-là. Il s’arrête car l’être ne croit plus être lui-même. Un instant, il semble s’être évaporé, comme à contretemps. Un croche pied, une contradiction organisée par un soi qui s’en veut. Dans l’interdit, dans la faille du dire, tu déposes un dysfonctionnement qui fera de toi, à l’intérieur de cet animal blessé, le fanal de l’anxiété : une angoisse à anoblir, une question à redéployer. Dans la phrase du monde, tu es entre les mots. A contretemps.

 

 

 

Je parle de nous.

Je suis tiraillé par le sentiment d'être fait pour quelque chose que je ne fais pas. Les événements on s'en fout, ce qui compte, c'est le regard qu'on porte sur ces événements. Quelque chose dans cet assemblage reste volontairement mal recousu, dépareillé. Ce caractère épars colle évidemment à la représentation du monde. Des flashs, des bouts dispersés, qui se confondent avec de subites attaques de souvenirs ou d'images mentales. Riche en harmonies et interactions délicates, ouvrant un univers apaisé mais toujours fluctuant, imprévisible. Protection contre l'étrangeté. L'éclat de ce regard constitue le fondement premier de ce que l'on pourrait nommer. Si c'est tout ce qui lui reste... Un sourire sceptique flotte sur les lèvres. L'ironie, c'est ne jamais adhérer complètement, être dans l'écart, là où il y a du jeu.

 

J’ai le sentiment de faire malgré tout. C’est le cas de le dire, puisque tout me fait. Et puis de toute façon, je n’échappe pas au jeu. Il m’est donné comme il m’est donné de vivre. Il m’a fait et le rapport que j’entretiens avec lui fabrique mon esprit dual. Il est cet hypnotisme contemporain, celui qui m’est absolument immédiat et qui me regarde, là, en plein dans les yeux. Si je le double, il me reconstruit car je suis lui. Mais parfois dans l’écart, dans une distance qui me rend monde, j’ai retraduit quelques passages des antiques paroles. J’ai vu, comme avant, ce qui se trouve dans l’interdit, dans ce qui se dit entre les centres. Ces nœuds qui ne cessent de faire de la gravité une valeur crédible.

 


Nous savons donner notre vie toute entière tous les jours. L'imparfait est le temps nécessaire pour expliquer, qui permet la nuance. Une pièce uniquement éclairée d'une lumière noire, qui rend fluoes lignes et formes, comme en boîte de nuit. Dans lequel il y a plein de moments d'arrêts différents. Il y a de l'air. Et ça tombe bien puisque c'est bien de nuit qu'il s'agit ici, celle du rêve, ou de la mort. Promenade en famille. On s'énerve un peu. On se cherche un peu perdu. Dans un sac l'appareil photo oublié, tracas trop fort mieux vaut se réveiller, remonter à la surface. Un cadre, la tête et le pied, pour éviter tout bavardage. Réduits à leur minimum, tous les objets présents prennent l'allure de silhouettes et créent ainsi un effet fantomatique très efficace. L'enfance, le rêve, les situations instables, la disparition, la fiction... Il n'y a plus d'abonnés absents dans les histoires d'aujourd'hui, mais des répondeurs, laissez des messages, on ne vous rappellera pas. A moins que. C'est une levée du doute. Tout le projet du jour est de mettre au livre, à force d'écouter, ce qu'il en est.

 

 

 

Je ferme le diaphragme. Il fait nuit dans mon soleil. En moi, j’avais fait la fiction de tout autre, j’avais rédigé par la langue ce qui me sera. Dans mon ventre et par mille morceaux, j’avais reformulé ce que l’on n'atteint pas. Au fond du noir, j’ai trouvé ce qui nous séparait.

 

Alors, du dire au traduire, du présent à l’imparfait, tout le projet du jour est bien dans ce que l’on n'attendait pas.


Pierre Ménard &
Mathieu Brosseau


par maya publié dans : textes
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Mercredi 31 janvier 2007

במה הפואטיקה פועלת...

בדממה צועקת

par maya publié dans : poetics
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Lundi 29 janvier 2007


Collage, 28 x 38 cm
(c) Christos Makridakis, 2005
 
par maya publié dans : images
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Vendredi 26 janvier 2007


S'il faut tristesse il y aura colère 

et s'il le faut il nous faudra pleurer notre corps il nous faudra 

nous mourir pour nous redevenir il nous faudra 

aller en sens inverse 

 

 

s'il faut tristesse il y aura ce cheval fou 

cette ancre du devenir en désespoir

et s'il faut tristesse les larmes seront derrière tes yeux 

et s'il le faut tes yeux auront la couleur du ciel 

et s'il le faut ta tristesse aura la couleur du feu

 

 

ta colère ressemblera à mes larmes 

et s'il le faut le tamis épuisera ce qui nous sépare 

au final nous pleurerons ce rien qui nous anime 

ce tout qui nous divise 

 

 

et s'il faut tristesse c'est avec la peur au ventre que 

nous croiserons les palais merveilleux et le rêve du commun accord 

et s'il le faut nous irons recueillir le mot dans la langue 

et l'esprit du temps viendra se loger à l'intérieur de la langue  

 

 

et s'il faut tristesse le tout s'enveloppera d'un soi bien étoilé par mes soins

car il m'est encore possible de parer d'or les allures de chien 

il m'est encore possible de voir du tourment dans un calme froid 

il m'est encore possible de voir du poétique dans du retour anxieux

 

 

et s'il faut tristesse pour réparer une nuit

au dessus d'une tête nous irons jusqu'au bout 

nous nous rendrons jusqu'à la mer qui est habillée d'un voile noir, 

concave habillée d'hommes en étoile

 


pour cette mer il m'est encore possible de mentir car 

l'angoisse fabrique la question

dont la réponse est hors de toute probabilité 

dont la réponse est fabriquée là dans un élan d'oubli 

dans une enfance à recouvrer car 

il est encore temps de repartir 

il est encore temps de se retrouver 

dans un bout d'enfance sacrifié aux nervures d'un soi éclaté

dans le réseau des astres 

 

 

mais s'il faut tristesse j'ai toujours le pouvoir de donner figure car

il faut tristesse pour se redresser


Mathieu Brosseau

 

par maya publié dans : textes
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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