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Vendredi 23 mai 2008

Le plein
dites-vous
n'est qu'une invention du vide pour pré
server son anonymat

Vous
vous mettez à l'oeuvre

Vous êtes créatif sur la ligne
qui couve une mort annoncée

Vous lâchez salve après salve
vos picto-projectiles
pétards mouillés
gags artistiques tac
tirage de grosse tête si
gnant la surenchère
collection d'hiver Karl Scheissfeld
- celle de Givenchie détonne par sa hardiesse -

N'en jetez plus
Tirez la chasse
Torchez-vous longuement et
méditez par exemple
sur la pureté des anges
qui dans nos campagnes
entonnent en grinçant
l'hymne d'essieu mal huilé
ou bien encore
gagnez du temps
écrivez FIN
et
dis
pa
rais
sez


Alain Helissen

in Le rappel des titres
(
éditions Les Deux-Siciles (8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière)
 
 
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Vendredi 16 mai 2008

tous les matins dans
l'ascenseur l'odeur
succombante du
chien


l'odeur-ventre
du chien


l'odeur-urine-
et-suif du
chien


tous les matins la
folle du premier
qui descend son
chien


je sais pas quoi
charogne le plus
du chien ou
la folle


je sais pas lequel
descend l'autre
de la folle ou
le chien


la folle son chien
l'odeur me rend malade
quand par malheur
j'en croise l'attelage


je sais pas qui
a déjà crevé
la folle ou
du chien


tous les matins dans
l'ascenseur la folle son
chien ou le chien sa folle
j'en croise le traîneau
elle retrousse les babines
pour m'évoquer l'
autre monde


tous les matins dans
l'ascenseur l'odeur
aspirante de
folle qui ahane
des choses de
mort


une odeur qui dégoutte
le long des parois
qui rend triste
je suis triste pour
ces deux bêtes
toutes seules


deux bêtes qui cherchent
le chemin pour se descendre
l'une l'autre sous terre


Antoine Brea
  
par maya publié dans : textes
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Vendredi 9 mai 2008

Voilà le camarade assis,
trois jours d’attente pirate,
balançoire et le mur
n’attend plus ceux qui se faufilent,
vent, vengeance,
vous criez, pour ce que ça sert.
Voici le camarade assis,
ronde tristesse,
et le vent fait comme un coussin,
de ta tête tu roules des idées,
sur la colline à deux bosses,
chameau alors.
Voici le camarade assis,
celui qui se lève est déjà mort,
retour chariot,
je passais par là,
hasard sous le ciel gris
en déroute pour ailleurs.

Lorenzo Menoud
 

par maya publié dans : textes
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Vendredi 2 mai 2008

Cimes et massifs : ciels contre ciels. Les eaux propulsées dans les couloirs des bleus, des roses, des pourpres couchants. Les attractions d’étoiles et les lunes vertes – nuées, nudités de la terre, laines de la splendeur, vous vous levez en masses resplendissantes et affrontez la couture des terres. Arbitraire des pôles auquel vous êtes soumises, vos sanctuaires sont des gorges orageuses et des cheminées calcinées. Dans l’âpre du vrai, vous éclatez en pierres soudaines sur les pentes crayeuses – à mort. A toute humanité éveillée, vous éraillez l’insuffisance et proclamez fidèle la dalle des eaux, leur marbre scripturaire et l’aboiement fébrile des servilités muettes.
Tu t’abandonnes à tes chiens enragés et leur sers de proie. Le chien mord la poudre et lève le feu, rapide comme l’incendie, où brûle l’image de l’autre, la tienne, celle non pensée et celle à venir ; tu te réserves la chambre noire – focus, camera obscura – où s’écrivent les négatifs du monde incendié, runes.
Au large des plaines mortes, les Sables, en leur désert, les respirations millionnaires, où se réservent les significations : souffles pulsatiles et noirs, grésils, craies, tenus à distance par la distance.


Victor Martinez
 
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Vendredi 25 avril 2008

à Georges Picard

Les fruits adoucissent la morsure en leur chair.
Par leur suavité, ils détruisent l’attaque
Qu’on y porte, car leur chair est une parade
À des coups, une exquise esquive, un cercle

Où s’abolit la violence qu’on leur fait.
Les dents n’y font que des empreintes de morsure,
Des petits pas de dévoration dans leur neige,
Un doux crépitement de miel et de lames.

Et les dents ouvrent une autre robe dans leur robe,
Une robe intérieure à leur robe et qui est
La course rêvée de leur chair, la mort tombée.

Les épées sont comme le fourreau de l’aigu
Et l’aigu lui-même est le fourreau de l’aigu.
Et les épées sont de la fourrure d’épée.


Laurent Albarracin



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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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