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Vendredi 18 avril 2008
 

15.

sont venues les éclats
tressaillir la chair
l'élan des muscles
radieux et les haies rient
à en perdre la raison
les pâtures fleurissent
sous mes pas
il est évident qu'un principe
soutient l'harmonie et le chaos du réel

16.
qu'adviendra-t-il de certain?
de conséquent?
d'important
(chaque ligne annule la précédente)

17.
large vrombit
la défaite
sourde dans nos cœurs
qui n'en peuvent plus mais de battre
suffoqués le regard déterminé dans le vide
des montagnes s'écroulent indéfiniment
dans les secondes interminables
la mort semble confortable
ô mon destrier toi plus que toi
a la force d'atteindre la bordure extérieure
et moi que tu traînes
une chose
large vrombit
la défaite
sourde dans nos cœurs
qui n'en peuvent plus mais de battre
nos corps portent des marques qui ne se voient plus
rien n'indique la dureté des luttes
nous sommes indifférents
en manteau gris dans le brouillard
large vrombit
la défaite
sourde dans nos cœurs
qui n'en peuvent plus mais de battre

18.
les interdits, les codes, les structures
pleuvent
comme des armes
et dieu sait combien les armes sont belles
en particulier le xm-177, trapu et sauvage
dieu sait combien
elles entravent les efforts de tout guerrier
occupé à bien faire
soupirer, les secondes sont trempées par les pluies
chaque seconde
souffler
peut-être y a-t-il quelqu'un au bout du chemin
c'est flou ou je n'ai pas envie qu'il y ait quelqu'un
au bout du chemin

(suite à venir)

Charles-Mézence Briseul
 

par maya publié dans : textes
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Vendredi 11 avril 2008

[0.1-21]    







 



[0.1-22]   
sentinelle béante s'échine le transperce à Rebelle, s'écœure le réprime en potences partout boyaux, partout prématurée d'odeur et de nauséabond, partout relique aux transmutations de limbes s'imprègne le slip, le gicle ratatiné d'un râble enfin frémit ; s'arrache les érogènes tour à tour, balafre ses soleils déchets qu'un punisse ivre éclabousse ; se pustule l'égratigne un peu ténia, un peu blette la bite et encore bile aux couves et encore
 









[0.1-23]   
ailleurs, miliciens se coliquent d'ennui, chassent bougnoules d'encule par les crépus, par les convulsives saccadent des lambeaux SOS, des tessons de chair à l'arrière des copules, mais nus, mais latrinent en silence, la corne tapie dans les mauves, dans les divagues ce matin les pendus de la fente se scient les tempes avant l'exécution, les pendus-pendus, les pendus autour et d'embrasent les tignasses sans bavure ni branle-bas











[0.1-24]   

capitaines strangulent à vide le sinistre d'atroce, piègent les sectionnes à la steppe ardente ; capitaines affrontent un pire canarde à l'aorte, au plexus celle nucléaire ; capitaines borgnent les troupes dans la funèbre, borgnent les ennemis à la ronde et se merdent les muqueuses par avril, chialent de la supplique, d'un broute s'enfoutrent les ergots, les aigres poplités de l'empeste, les trachées transies, section fièvre ;
 









[0.1-25]   
et qu'un v v, et qu'un vertige, qu'un vertige vrille, qu'un rote rance pourtant chicot s'astique le crispe, s'écume les ulcères à la dynamite, la rate, l'arête à peine hernie du pelage ; capitaines boucanent plein les roustons l'hostie, se grattent la radioactive au plus reptile de la menace, s'épluchent l'aphteuse gargouille des ogives, les croûtes assez lèpres en suffocations et tousses, en trombe d'éructe les ganglions
 









[0.1-26]   
presque tâtons s'agrippent les blessés aux croupis, se frottent la plèvre aux fébriles, les aisselles, les ébranles de l'un plutôt déchet, plutôt tibia du cassé, les brisés méninges en rotules ; glapissent aux infirmières par trois fois le contamine, la rigide des sirènes au danger de la grouille, glapissent plein les os le déchiqueté, glapissent et trouillent, trouillent de l'œil, se crachent l'encéphale par les ignobles à peine ouverts

 








[0.1-27]   

blessés s'ébrouent le copule au moindre choucas, se livident un peu glaviots du pus, un peu cloportes s'empoignent les morbides, les meurtries en chardons et sanglots, les hallucines à bout portant ; et tout escadrons du répugne se convulsent de la hantise, d'un brusque ultime recroquevillent leurs abcès au fond du dépouille en attendant la moelle - le veule au bas du froc
 









[0.1-28]   

remués du titube se croupissent la face, se, se, se secouent le vif bientôt revolvers, bientôt rognons s'oppressent le blafard au vomi des mortiers et canons ; larment, larment les commissaires qu'un vieux meugle à genoux, le pire, le putréfié désastre du gamberge ; qu'un vieux à genoux du regard se traque les gémits, se chie de la lamente, se chie son tocsin dans les tranchées, dans les raclures du soir,

 








[0.1-29]   
se chie des globules foudroyé en sacrifices et expiations ; de vase oint, s'excite l'insurge assez matraque aux artères, aux dégénères d'un poing dans les démembres, s'affole tandis qu'au loin grouille la morne des caillots déjà limons, l'agresse aux cervicaux sans tambour ni rafale, sans pilonne les foireux d'un cil, les écartelés du vibre en solitaire, les fulmines aux canons
 









[0.1-30]   
jamais se tâtent officiers les fusilles légèrement scrupules au qui-vive des amputations et blessures, jamais ; jamais bondissent du résiste ni plomb, ni s'opposent de la dégorge, la burine d'obus aux éclats crevés, aux empales après l'éclair, les exorbités d'outre-tanière, les tranchants du vermine se frétillent à hue et à dieu, s'avalent les infâmes d'un trait et prient, prient sous la toison, sous la tige-tige, prient ou au contraire prient, les officiers
 

 Christophe Manon
 
par maya publié dans : textes
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Vendredi 4 avril 2008

Tu es sans plaisir. De chaque côté viennent les choses, un appel des radios. Par les journées à l’instant les ans s’écoulent cela n’a aucune importance. Il faut te décider de chaque côté et, paroles manquées, respirer. Tu sens un appel et, pour ne pas perdre une qualité, tu fais les choses. Tu regardes un soir la pluie et un instant commence.
 
Tu expédies silo et nudité 30 ans souffler la bougie pluie ne sert à rien. Tu ne vas pas bien mots manqués tu respires. A l’air pour le plaisir d’entendre certaines choses ne commencent jamais.
 
« Je » de l’espace compilé classé répertorié tu travailles sans poser la question. Des cahiers jusqu’à l’instant des idées sur les tables tu voudrais la nudité et 2300 ans de plaisir. Cela manque d’air avec les classeurs. Ensuite, nudité 2300 plus rien à dire cases les mots oubliés. L’air pour le plaisir d’entendre.
 
Tu t’envoles sans savoir comment tu t’envoles. Tu expédies silo pousses les paroles souffles la bougie pluie à l’instant tu respires. Nudité 2300. C’est de la langue la pluie à l’instant fabriquée des ondes des feuilles de cahier pour leur éviter de disparaître. Cela montre que mars est la forme du mot qualité des mots pour éviter les forêts.
 
Ensuite nudité 2300 ans souffler ne va pas bien entraves par les journées sans aucune importance, «Je » comme des paroles il y a un appel mâché des radios. Pour le plaisir d’entendre de chaque côté vient le malheur.
 
Il y a l’air sans rien ressentir tu t’envoles. Jusqu’au moment des nuages la langue fonctionne comme jamais. Compilée classée répertoriée notée, les choses sans plaisir et pourtant. C’est pour t’éviter de disparaître. C’est une erreur c’est pire ne sert à rien de passer sans grammaire il y a même si certaines choses grand vide. A s’envoler sans savoir comment tu passes d’un cahier à l’autre. Tu travailles dans une case, la langue fonctionne, tu respires.



Loïc Robin
 
par maya publié dans : textes
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Vendredi 28 mars 2008
 
Je bois une bière. Je pourrais continuer à écouter la rumeur du monde. Les vagues. Je vois une vache qui vêle dans les embruns. Derrière la plage et les crabes il y a un gouffre. On peut y voir le centre de la terre.





Il y a de la musique, des chants. Belles voix d’enfants. Je vois des massacres, des prières à genoux, des nuits infinies, des corps sans tête qui courent, des naissances étranges. Je vois comme un désert de pierres ponctué de bâtiments abandonnés où les hommes se regroupaient pour regarder le ciel, les étoiles.





J’ouvre la bouche. Je meugle. Je me sens vieux, impotent, incontinent. Je me sens dégoulinant avec le verbe, avec quelque chose de blanc. Je veux voir quelque chose de blanc, une image blanche. Je veux, les yeux grands ouverts voir le soleil, l’arrondi du soleil blanc. Je veux voir des champs de tournesol s’étaler jusqu’à la mer. Je veux sentir mon cœur battre d’un autre rythme. Sentir l’ivresse du soleil.


Fabrice Caravaca

 
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Mercredi 26 mars 2008

Nuit noire : je m’évacue par les tempes — vibrations, la vitesse caresse le visage creux — le corps laissé se contracte en un point mobile qui happe son extérieur pour le devenir — une méduse grossissant à chaque temps, à chaque filament, le corps épouse la nuit d’un seul – autant de liens que d’hommes, schéma du circuit imprimé, la lumière, un grain de lumière vive s’y déplace et fait dans la nuit le départ d’un seul

 

 



Dans les variations de l’absence, on se dit qu’il pourrait y avoir des failles, des filets d’encre noir : dans la nuit d’un seul : on repère son angle droit, parole de notre unité à l’intérieur d’un seul

 


 


Il s’harmonise tant bien que mal, se connecte ~~~~ vibration de l’incolore, les mains plongent dans cet univers – visible par tous, là === maintenant. On dit que la tisseuse passe ses nerfs autour de la bobine :– défile le corps de la muse au fil des voyages / pointe dans les traverses la forme et les chairs de la reine / pointe /






Suite de ce texte de Mathieu Brosseau sur le site Libr-critique


par maya publié dans : textes
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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