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Vendredi 30 novembre 2007
Sentinelle
[Chant 0.1]





[0.1-00]    sentinelle écoute la sombre des branches au cerveau, le doigt qui dure sur la semelle à grands coups de blafards, les spores se moitent au fond des yeux ; sentinelle s’imbriquent pile la bouse au centre qu’est-il du Clan des Sursautes, mais échoue du cratère et peu germe sans vêle, sans relâche les sphincters et les éclats d’orages entre les dents, toute suinte et s’fange dans la roule d’Issy-les-Embryons pour quelques novembres déchirures ;















[0.1-01]    sentinelle écoute la sombre, mais d’abord brume et stupeur des ventrailles, des frimas que ses obscures au vent fait onduler ses lierres, les écarlates au clair de lune, les traquenards en contrebas, puis rouge et grimpe dans sa mouche aussitôt faiblir, sentinelle, soulève juste en dessous des chenilles un algue, un cogne et de tensions s’organe au point des quoi, un crève où pierre une brûle de chien, où crépuscule avec
















[0.1-02]    beaux étals la viande qui ma ma, qui mascule-mascule, qui dans les ornières s’estompe au gré des écarlates la nuit des crins sous un équarrissage à mazoute et soldats qui mâchoirent à grands pas au creux du lac de Meurent les déchires enfin moulues, qu’aucun givre ni tendon ne deuil, ne ne ni rien, mais seule, sans ses cellules : la triste des patrouilles qui n’ont pas froid aux bombes
















[0.1-03]    maintenant tète, Saint Schizo, tète la mousse d’humide sur la langue et surtout de dépèce et s’insecte les le les tympans à l’heure des gémisses, des pourtant se pupillent le couteau ni les étouffes de nerfs, l’étrangle de gorge où paissent les rumines, les grinces par tous les tanks, la ressasse des hanches à cran d’arrêt, et va par les tranchées s’écarquiller les trompes
















[0.1-04]    sentinelle glisse sous son seul et silence parmi les rhésus et malgré la folie des fractures, la triste des patrouilles lui funeste les disloques, lui lèvre les punisses en plein taraude, les convulses en sueur et seringues ; au retour d’hurle se serrer les embruns, se baver les secs de fémur et brises d’après les hématomes, alors tourbe l’intestin, glaise le regarder camouflage de la patauge en fronçant les lichens
















[0.1-05]    d’un larvement d’oignon au nerf de la mitraille parle, sentinelle, parle le pubis d’avoir et du perdu soudain, mais que veine et quel rat d’un coup de pied se menace les souvenirs du bout de la dilate pour quelques novembres déchirures, malgré l’éclosion du poumon ronge autour du refoule, les tendons roués d’acier et de lamine, mais ce coma d’œuf, ce coma-coma, ce coma de trou plein en mille carnes















[0.1-06]    privé de mucus, seule sentinelle se lèche en plein pourri soudain, se grabuge les orifices maintenant testicules, de, de, d’avoir les malaxes aux abois, les lugubres en brasiers d’abdomen et fougères, malgré l’explose droite, malgré les louves d’un mutiler les parmi perdus, les esquintes à massacres du refoule ; et lui, l’un peu lichen, se relaxe les hurles au soleil, creuse sous les comas la peau, tout accouplé et plasma ;















[0.1-07]    et lui se sue les esquives, se meugle les massacres et lèche son accouplé par les cuisses ; au nord de Brèches, se, se, se maman de douleur au fond des lames, au fond des migraines nomades, mais vulve et tout ce qui pourtant s’écarquille les muscles de vomi et tout ce qui de que, de quoi, qu’un pilote moignon et formol sous les écrases de flammes, de flammèches, de cendres en délire — et va par les suffoques s’injecter les ornières














[0.1-08]    d’où pourri et s’émousse sentinelle, se scinde entre les porcs et suppôts, les membranes en dissections et tocsins ; se ratatine, sentinelle, dans les crevasses de creux, de creuse qu’un cri l’allaite et son troupeau décimé par delà les dévores et l’ambulance qui sans cesse fougère, s’infirme à droite du malaxe privée de placenta, se précipice les testicules, l’ankylosé, le bronche honnit ; les brancardiers presque napalms des membres, presque goudron de la couenne ;
















[0.1-09]    s’occiputent en sanglots et contusionnent à fouet l’aine, le morphine ennemie ; casqués se cadavrent les vertèbres dans la palpite des combats, se sordident les muqueuses au ras du barouf, frôlent la luzerne, la stupide crétin qu’un défèque, un branle en civière ce matin, s’amygdalent à tour de plèvre les souffrances sans relâche ni joie et brament en plein vif de l’alerte et parfois, parfois nausées des meurtries au soleil















[0.1-10]    où il faut ou s’expire par les trous de mamelles, sentinelle, de potirons mêlés, hélant, reptilant sa fourrure emmurée vivre à l’intérieur de membranes les plus flagelles, les plus brinqueballes sourdes, les plus bidets du cul ; au rythme des herbes, des épaves chaudes, au moindre sursaute se répand en une traînée de dents, la féroce aux aguets, et lape la peau, la lange, l’enduit de lait, sa lande, ses morsures de loin brûlées des deux bouts

(suite à venir)


Christophe Manon
(Fiat Lux, éditions MIX)
 
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Vendredi 23 novembre 2007
 
poemeexpress0603-copie-1.jpg
  Lucien Suel
 
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Vendredi 16 novembre 2007

 
        Ma mère traverse sous la pluie. Le corps en avant juste un chandail les bottes rouges pas assez hautes bayant pieds nus froids le cœur plus vite pourquoi ? Cette précipitation. La porte s’ouvre une des trois maisons vite la jaune. Celle de l’autre côté du jardin où des meubles à la mémoire dure ont cru à une vie nouvelle — la vieille au chignon plat parlait comme ça. Ses airs de certificat d’études et sa certitude argentine liasse de mots fadasses dont elle tirait vergogne. Mais personne pour réveiller ces morts de la maison jaune. Pour ma mère un paradis où elle se réinvente le plaisir à tâtons — je sens l’odeur de ses cheveux blonds mouillés quand elle renverse la tête.

 Ici la vieille marche de travers marmonne vitupère soudain l’enfer elle crie je ne vois que son derrière l’enfer elle crie encore. Son visage se retourne descendu de très haut une vielle à roue sa voix. Dehors les goélands avaleurs d’yeux s’affalent sur les mares brunes tournent la tête ils sont postés guettent et parlent 70 langues. Dans la maison jaune la fille retrouve l’autre bord. Elle en est revenue plus nue d’elle-même là-bas oui sa fuite avec lui l’Afrique apprise dans leurs corps à corps souples les voix pleines autour l’odeur des viandes découpées sous la chaleur les girafes dériveuses dans ses mains larges ployait son cou elle sur le fleuve glissant maintenant sur le fauteuil sa main à plat tatouant l’intérieur de son ventre une note grave tenue l’arque sans parjure l’air alors rendu opaque noue les rêves à ses sens. Le vieux fauteuil se creuse prend la forme de ses fesses durcies. Quelle est cette voix. Impossible à entendre l’espace à l’intérieur d’elle se colore une note seule l’envahit. Résonne lui son visage oui. Encore mais sa voix. C’est une corde basse qui vibre bourdonne devient sa respiration. Tendue. Le corps ouvert. Soulevé. Ses bottes rouges glissent sur le rebord droit de la table du mariage feu sa gorge est un rythme qui bat. Se presse. Non. Encore. Ses lèvres devenues trait fin serré. La clarté raide de ses muscles poursuit la voix la tient du bout des doigts la dessine à longs fusains crissant mais cette note tout à coup la prend tout entière reins bloqués net elle brille et s’étrangle acérée.

 

La vieille est sortie. Elle sont revenues après. Sans dire rien. Il ne pleuvait plus.


(suite à venir...)

François Rannou

  

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Vendredi 9 novembre 2007

ω17/≡sixième jour≡

 

Il y a nous avons l’œil et le bon… Il y a parler, il y a de toute manière, de toute façon, des puits sans fond et il y a nous discutons. Il y a cahin-caha, les cheveux ébouriffés, il y a impossible de s’empêcher, n’est-ce pas ? Il y a impossible de s’empêcher de congédier chaque fait établi. Il y a des désirs apparents et des désirs inapparents, il y a certains sont opérants, d’autres inopérants, il y a l’apparence des désirs vivaces et l’inapparence – le déguisement – des désirs vivaces et il y a : pas de désir mais alors pas de désir du tout ! Il y a une différence entre désir et pulsion que nous nous faisons forts de revigorer, si jamais reprise il y a. Il y a si la sexualité nous enchante, c’est probablement parce qu’il peut y avoir quantité et subtilité de couleurs dans le monde des sexes, dans les mondes. Il y a sans doute cherchons-nous entre diverses séquences des couleurs, une multitude de couleurs. Il y a il y a j’en connais un qui file la métaphore comme personne… il y a des sortes de génies de la métaphore. Il y a tout ce que tu veux, précisément je t’assure là maintenant tout ce que nous voulons. Il y a c’est bon, comme c’est bon le génie ! Il y a des suggestions. Il y a des a-automobiles, des a-touts, des a-terre, des a-fleur, des ahahjaiconstruitunemaisonmaiscommeilnyavait
pasdetoitjaiprisdesbriques, des a+bi², il y a des nombres symboliques et d’autres symptomatiques. Il y a : phénix et castration…Il y a bordel s’il s’agit d’un défi je ne marche pas sinon je vous crée des nombres quand vous voulez. Il y a finissons d’abord ce que nous avons entamé, voulez-vous ? Il y a quelque part dans le monde une prodigieuse capacité de passer de ceci à cela. Il y a l’humanité, oui il y a l’humanité. Cela change. Il y a donc l’humanité et consorts. Il y a {monde o monde (émergence)} il y a suffocation. Il y a oreilles non pas cassées mais mortes, lettres mortes, arrêtées, à l’instar des temps qui cessent. Il y a la trêve et la paix des regards. Il y a les ordres des dieux qui sont des ombres de décisions. Il y a : prendre la parole, parler aux mondes, énoncer quelques vérités et ne rien faire. Il y a pourquoi une danse suffit-elle à produire tant d’émois ? Il y a des jours ou des nuits dérogatoires pour des rêves vitaux à l’arrêt des devoirs. Il y a faut-il placer le doigt ici ↕ ou là ↔ ?

Antoine Dufeu
 
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Vendredi 2 novembre 2007

Je dois être lucide au moins une fois dans ma vie : je n'ai pas adressé une seule parole aux autres, et leur ai interdit de m'en adresser en retour. Je me suis enfermée dans un mutisme inapparent certes (car j’ai fait mine d'articuler des sons), mais complet. Je me suis tu, lorsque venait mon tour de parler, et ce depuis toujours. Je n’ai pris la parole ni de gré ni de force. Je me suis plu à m'enfoncer dans le silence, à ne rien révéler, pensant que lorsque se présenterait un véritable interlocuteur, mes paroles, pures de toute compromission, auraient l’impact de bombes artisanales, fabriquées selon des méthodes simples mais dévastatrices.

De même, je me suis persuadée que les gens ne savent aimer ni d'amour ni d'amitié, déterminaient à l'avance ce que ces états devaient être, ayant renoncé à en inventer des variations plus fortes ou plus insolites. Dans mon idée, ils avaient fait une croix sur la véritable amitié et le véritable amour, se contentant du peu qu'ils parvenaient à arracher à la vie. Plus ils vieillissaient, plus ils portaient de croix en marge des diverses possibilités de la vie, notamment de l'amour et de l'amitié. Plus ils avançaient, plus ils régressaient. Plus le temps passait, plus ils se convainquaient que la vie n'offrait que quelques plaisirs dont il fallait à tout prix se contenter, de peur de se jeter sous un train ou sur une boîte de comprimés.  Et le pire, pensais-je, c'est qu'ils y parvenaient très bien. Je considérais avec forfanterie que ma froideur me préservait des faux sentiments : des amitiés sans dialogue et estime de l'autre, des amourettes alimentées par l'ennui d'être seul et le cri des hormones. Plus que cela, elle avait conservé ma pureté, la sauvagerie de mes émotions. Mais la jachère de sentiments et d'émotions dans laquelle je m’étais tenue s'avèrerait féconde en temps voulu. Moi, j'aimerais vraiment, c'est-à-dire, sans savoir comment, et jusqu'où.

Mais je me suis trompée sur toute la ligne. Depuis le début de ma longue marche avec C, tandis que la nuit nous a enveloppées de sa robe, je sais que d'année en année, je me suis plongée dans une ignorance absurde du monde et des autres. Loin de préserver une prétendue pureté, une parole libre, des émotions sauvages, je me suis enterrée vivante dans un non-dit écrasant, un rien-ne-peut-être-dit plus obscur et terrifiant que la venue de la nuit. Je me suis plongée, par ma faute, dans l'incapacité la plus totale de parler avec C, de marcher en harmonie avec C, d'agir en communion avec elle, ou tout simplement avec évidence. Loin d'avoir conservé mes émotions à l'état sauvage, ma froideur m'a habituée à l'état de froideur, tenue éloignée de toute possibilité d'accéder à la vraie vie.

Isabelle Zribi
 
par maya publié dans : textes
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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