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Vendredi 8 février 2008

 

VII.

à l'orée du bois, la lisière, l'extrémité
des petites choses adorables sortent d'une femme
allongée dans la mousse et les trompettes de la mort
des larves blanchâtres que j'étreins
que je crève, que je jette le plus loin possible
de moi
j'aime plus que tout ces choses adorables
les aimer m'aime, c'est indéniable, ici et maintenant
puis elles s'évaporent en laissant un parfum de souffrance
s'agripper à ce qui fait que la scène tient le coup
trop étreint mal étreint rien
hagard dans le bois dont on ne sort plus à cisailler
l'air
avec l'épée
tant les choses s'enfuient plus vite que tout
puis errer le désir vif
toujours
frapper


VIII.
les ennemis et les coups durs sont les écailles
où ricoche le monde
sous lesquelles évolue le héros libre et pesant
il est loin le temps de l'invisibilité


IX.
après le pont et l'énigme que je résous
une demeure confortable et son habitante
l'enjeu est charnel
tout basculerait si tel n'était pas le cas
ce qui n'arrivera pas
mais la question s'est posée
un bruissement d'eau et l'éclat de la chair
je ne pose aucune question


X.
les grands combats contre les barbares
assoiffés du manque de cohérence au sein de l'individu
n'augmentent ni la gloire ni le désespoir
penser à soi suffit à les éviter
et nous laisse inepte au milieu d'une immense place vide
alors les affronter
frapper
toujours


XI.
le héros ne tremble pas
il scintille et cela le rend
difficilement repérable mais prévisible


XII.
ô mon destrier
la plaine est longue
ton cuir luisant doit endurer
la pénibilité de l'effort
moi le reste, plus immatériel
ô plaine
ne jamais considérer la monotonie
le bivouac, l'embuscade
et l'attente au milieu de nulle part
ce n'est pas une vie


XIII.
le désespoir est aussi incompréhensible que
je marche malgré la fatigue
maintenir un niveau général moyen
alors je serai joyeux?
passent des bêtes dans le fond
la joie qui est impudique


XIV.
viendront les regrets, la lèpre
ravage
si mécaniquement, physiquement, rien n'est éliminé
asséché alors renaîtront-ils toujours
les terribles regrets
me couper le bras pour ne jamais plus voler
est la devise des vertueux
la suivre, la suivre
laisser couler les regrets
l'âcreté, fi!

(suite à venir)

Charles-Mézence Briseul
 
par maya publié dans : textes
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Lundi 4 février 2008
  
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Poème de François Rannou
Structures peintes d'Yves Picquet

Lecture publique à la galerie Pierre Tal Coat,
Hennebont, 23 avril 2004
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par maya publié dans : Vidéos
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Vendredi 1 février 2008
 
L'armoire à précipices se glisse entre moi et l'abîme. Elle me retient. Je ne lui ai rien demandé, pas même appelé le numéro gratuit qu'ils donnent à la radio. On aurait bien glissé tous les deux…

Ce qui pèse autant sur les mains, c'est le temps. On l'associe à d'autres temps, pour faire un "mauvais coup" comme on dit. Et puis on est mort…

Une chanson de gavial, profonde, tirée de la gorge, se prolonge et s'éteint sur mon magnétophone. Il a le culot de dire que ce sera la musique de demain…

L'arbre à poils ne pousse pas partout — et je me dis que c'est heureux — quand le vent souffle en rafales désordonnées, on ne peut plus manger sa soupe dans le jardin étroit…

Tu ne ris plus beaucoup, c'est, me dis-tu, que désormais tu ris couché et que je ne te vois pas souvent couché. J'en conviens, mais j'en doute et ne dis rien qui puisse encore t'assombrir…

Le vent  encargué dans les voiles des navires de l'empire se découpe par petits paquets que la poste envoie aux villes dans le besoin, tantôt pour pousser les feuilles mortes, les cerfs-volants des enfants, tantôt pour faire avancer les ânes rétifs ou lancer un feu qui me consumera…

Les voyages se font différemment là-bas, certains marchent sur les mains pendant des kilomètres, alors que d'autres à pieds joints obscurcissent tous le même point du globe…

J'y ai bu des écailles à nulle autre pareil et mon cœur a été changé plus de vingt fois depuis que j'aime, sans succès…

Leurs animaux ne ressemblent pas plus aux nôtres que les nôtres ne ressemblent aux leurs — pour en dire plus que la logique d'une telle réciprocité, il faudrait vous expliquer leur surprenante physique — ce dont nous serions bien incapables…

À l'épaisseur d'aujourd'hui, je dis "c'est aujourd'hui", je suis sur la pointe du temps, à l'extrême présent et j'écris comme on écrivait il y a cinquante ans…


Lorenzo Menoud 
 
par maya publié dans : textes
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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