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Vendredi 13 juin 2008

19.
la lutte carnassière
visages défaits, haine haletante
ruses de l'espèce, si belle dans un parfum léger
les femmes cherchent un bon reproducteur
savourer la ruine, après, après! c'est après qu'il faut courir
larges dans nos poitrines qui cognent
la nature rude, froide qui fait fumer nos poumons
ligotés à une chaise, que leur faire? clairement hostiles
l'attente, le regard, l'œil plus simplement, voilà le début de toute morale
oui, vaste, lancer, circulaire geste d'un, une faux, une hache, une pioche
s'abattre dans la motte rouge qui ne hurle plus
que faîtes-vous?
vos paroles ne sont plus entendues
il n'est plus possible de les entendre, tout est dernier
après
la réalité fait défaut
seul le réel vibre, le sang et son goût, le faire jaillir
sans que personne ne s'y abreuve
ne se fonde dans le grenat
je m'avance au-delà de la bordure extérieure
sur une route de chair
et sous mes pas tout s'évanouit

20.
vois dans le sang les vestiges
de tes sentiments
les attentions, oui, et de restes de vie
instants qui vibrent le long de la gravité
celle qu'on donne gratuitement
mais qui pourrait ne pas être
une odeur, le toucher d'une peau satinée
des histoires
humer âcre le cadavre qui n'est ni de la viande pour vers
ni un collier vivant d'états d'âme
rentrez chez vous
partez tous
vos petits ont besoin de vous
la terre boit comme une
les dernières gouttes de sang
les derniers barbares
les derniers incidents

21.
« tout est buée »
cela est acceptable sauf pour moi
et le fait de ne pas l'accepter ne peut que renforcer sa vérité
j'écarte les branches avec fermeté et réalisme
certaines heures sont perdues ou inutiles
mais l'ensemble est important
c'est le mont des oliviers!
ma nuit noire pendu au doute oui moi!
le reflet tremble diaphane etc.
dure moins qu'un instant
jacky ramasse les carottes

Charles-Mézence Briseul
 
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Vendredi 6 juin 2008

"un gouffre désigne généralement, au sens propre, une cavité dont l'entrée s'ouvre dans le sol (...), d'où peuvent surgir toutes sortes de choses horribles et dans laquelle tout peut disparaître à jamais."
Encyclopédie wikipédia



les corps.

les corps.

ligne-gouffre.

wagons-gouffres.

s'enfournent.

se terrent.

muettement.

le sang monte.



les têtes.

les têtes.

fusées.

sur les.

cous.



les pensées.

tournent.

l'air.

quittent.

l'anus.



les mains.

mains.

une forêt.

de mains.

assoupies sur.

le métal.

d'une barre.


Antoine Brea
  
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Vendredi 30 mai 2008

Il y eut deuil et volets fermés, horloge muette, candélabres vacillants, prières chuchotées, mouchoirs humides,  proches  rassemblés sur des chaises basses autour d’un lit désert. Le portrait de l’absent, rieur, en ciré jaune, debout près d’un coquillier,  semblait les narguer, exposé entre soliflore et crucifix  sur la table de chevet. A la fin, le père déclara qu’il aurait préféré voir la terre s’ouvrir. Une demie toupie de béton aurait, selon lui, suffi pour solidifier les parois et le fond de la fosse. On l’aurait posé là, dans nos parages, paisible, vêtu d’une vareuse et d’un jean, entouré, dans un beau mauve de chambre intérieure, de quelques objets fétiches.   




















Face à l’écluse, Le Valparaiso craque de partout. Titus, le barman, a mis John Lee Hoocker pour calmer le jeu. Il s’active, sert les hommes pris dans de longs monologues entrecoupés de rires, d’éclats, de quintes, de pleurs... Il voit leurs visages à l’envers,  déformés par les bonds imprévus de l’alcool vibrant à cent à l’heure dans leurs veines. Ne s’amuse pas,  capte leurs mimiques, craint  les bisbilles à venir, sait que tout est écrit  dans les reflets mordorés du zinc sur lequel il passe une éponge mouillée, glissant de la moustache blonde de Bob, le croque-mort, aux lunettes noires de l’aveugle sans oublier de moucher un morveux et d’humecter  le foulard (cachant le trou à la gorge) d’un qui devra retourner à l’hosto sitôt la fête terminée.





















Il s’approche d’un colosse aux dents de métal. Désigne un homme sur une photo de groupe. L’autre répond yes, c’était un soir d’hiver. Il commençait à neiger. Une poudreuse incapable de recouvrir les flaques sales qui stagnaient aux abords du trottoir. Je buvais à l’intérieur. Lui faisait le pied de grue à l’entrée du bar. Il semblait nerveux. Fumait clope sur clope. S’apprêtait à acheter un bateau. Il attendait le vendeur,  le cow-boy de  Plourivo, ce type  qui  circule en mobylette et dont on ne voit que les yeux,  le reste du visage  étant  (suite à un suicide raté) dissimulé par un grand mouchoir à carreaux plié en forme de triangle.


(Ce texte a paru aux éditions Traum
fabriK)

Jacques Josse
 



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Lundi 26 mai 2008

Antoine Dufeu vient de faire paraître
Sensemble aux Editions Le clou dans le fer

Dessins de Valentina Traïanova et d'Antoine Dufeu








(page 67)



Antoine Dufeu est né en 1974. Il vit et travaille à Paris. Il co-dirige ikko avec Christophe Manon. Il a publié de nombreux extraits de textes sur le Net et participe régulièrement à des lectures publiques.



prix : 14 euros
ISBN : 978-2-9526347-8-6
Editions Le clou dans le fer
Collection expériences poétiques

Pour toute commande, s'adresser aux éditions Le clou dans le fer :
ed.lecloudanslefer@free.fr


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Vendredi 23 mai 2008

Le plein
dites-vous
n'est qu'une invention du vide pour pré
server son anonymat

Vous
vous mettez à l'oeuvre

Vous êtes créatif sur la ligne
qui couve une mort annoncée

Vous lâchez salve après salve
vos picto-projectiles
pétards mouillés
gags artistiques tac
tirage de grosse tête si
gnant la surenchère
collection d'hiver Karl Scheissfeld
- celle de Givenchie détonne par sa hardiesse -

N'en jetez plus
Tirez la chasse
Torchez-vous longuement et
méditez par exemple
sur la pureté des anges
qui dans nos campagnes
entonnent en grinçant
l'hymne d'essieu mal huilé
ou bien encore
gagnez du temps
écrivez FIN
et
dis
pa
rais
sez


Alain Helissen

in Le rappel des titres
(
éditions Les Deux-Siciles (8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière)
 
 
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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