à Françoise Duffau
L’aubépine en fleurs a du coton à ses branches ;
Au printemps l’hiver est encore là mais déjà
Plus qu’un souvenir adouci de ses rigueurs,
Accroché aux épines, visuel, sonnant
Son rappel sous la forme de flocons de neige
Qui ravivent, s’effacent, trompettent, s’éteignent
Et qui viennent se contrebalancer dans l’air,
L’adoucissant et l’aiguisant tels des silex
D’eau, des cymbales minuscules, des dragées
De piqûres, tout un hôpital en miettes !
Nous tenons dans l’œil une pelote d’aiguilles,
Nous avons dans la jambe une botte d’épingles.
L’aubépine, et quel buisson n’est ardent, terrible
Dans sa candeur brûle ses cartouches de blanc.
Laurent Albarracin

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