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Vendredi 29 juin 2007
 
Carré de marbre jaune rafraîchi, registre où tout est consigné, chambre de l’œil, recentrage des organes. Invention nouvelle. Enfile ce slip et contemple l’entrée du bâton privé de la double bourse en peau, de ses Euménides, ses petites charcuteries, ses figures négatives en biseau d’essoufflement. Dans les chants de l’enfance et le chiffre neuf, corneille et corbeau font corbeille, parfaite maîtrise de soi. J’allume/ j’éteins mon désir d’un coup de langue tout bête, comme ceci, le ressort joue à volonté : calme miroir des eaux, plumes flottant mollement incurvées, fluettes, blanches virgules, reflets d’Olympe, oscillations de barques légères, cygnes majestueux, graves et dignes comme des préfets, etc. Pour finir, je fais aussi point tabac, restauration rapide et figurines en terre et sève d’hévéa, au stade où s’inverse le rapport travail/prix avec des fonds de cuves. Jamais en paix ni serein. Regardez-le courir, on dirait qu’il a le doigt coincé dans une porte et qu’il crie à l’assassin ! Une boule graisseuse roulée pendant des heures entre les paumes, en trois coups un prisme, un lingot, une éponge à filtrer et que les ferrets du lacet se rejoignent pile. Mais alors vraiment pile. De la mercerie de pointe. Fermeture Eclair semi-extensible à l’endroit de l’impact. Qualité potable des selles et des urines. Dans l’absolu, c’est de la panne de velours. Gantée d’un tissu de Flandre et d’Espagne, une main en bois sert de gabarit. Lyrique mais sobre, se mange à même la pierre fraîche, plaît aux belles âmes sans pour autant les scotcher à leur fauteuil, évite les inondations de boues curatives par le biais de siphons habilement disposés et permet d’observer à la fois la vie des infusoires dans leur milieu naturel et la différence à l’oreille entre le cutter et locuteur, loqueteux et le couteau. Depuis je ne suis plus le même. Inversion des poumons, la salive de plusieurs crachats rassemblés : tu te désignes par ton mal au lieu de ta peau, en chasseur qui a tout liquidé. Mais va donc te faire sucer la moelle par des poux,  par la lie de la société des poux, par les pires poux qui soient à la surface du globe… Ton intérieur est bientôt tourmenté comme une betterave, comme une langue si exacte et si pointue qu’elle change tous les cent mètres. Et te voilà polisseur de perles, de billes à roulements, tu tranches dans le vide avec ton petit couteau à la lame a) émoussée, b) affûtée, c) aiguisée. Jusqu’à ta figure qui est coupée en deux. Tes poumons qu’on vient d’inverser sont pleins d’eau et de glaires. En cela nous sommes apparentés : mêmes yeux, mêmes bras tendus. Tu te réveilles en pleine nuit comme moi pour peser des objets microscopiques et tu es gonflé à bloc. Genre : sa famille le mène au tombeau par une pression de trois bars (soit trente pascals puissance cinq). Un cœur tout sec, un cœur étreint dans un torchon, entre adultes. Comme de la purée. Et quoi ! ces élancements ne seraient qu’une douleur fictive, et ce fleuve au cours si harmonieux et si ample de proportions rien d’autre qu’une plaie suppurante, une loque, un noir bandage au nom corrompu et vicié d’humeurs ? Est-ce que je peux te revouvoyer ? Bien. Vous le retournez à plat, face (la vôtre) contre terre. Les bords sont dégagés, un poil rafraîchis, sans plus. Vous pliez une fois. D’accord. Vous pliez une seconde fois. A ce stade vous éprouvez une petite résistance mais ça ne doit plus présenter qu’une seule face (la sienne). Vous relâchez par paliers (un palier dure le temps de souffler un peu). La jonction escomptée s’opère. C’est fini. Ça sent l’ange ici, la chair d’ange. C’est des pourceaux qui courent entre nos jambes. Une bonne hygiène de vie, un sexe intact mais mal formé, inerte, oblong et tordu. Tu imagines ta vie divisée en chapitres, comme un collier de perles ? Viens à jeun, tu goûteras. Le tout dans la malle en osier moitié prix, les grandes phrases, les attestations, la superficie repliée, bref, que du concret, livré avec kit de survie lyrique en mousse, médium et grandes tailles, clavier rapide, écran plasma incolore. Vu de loin, le cylindre d’apoplexie ressemble à un ballon d’eau chaude avec deuil écrit dessus à la main, un v en plein milieu, genre inscription latine ou équivalent. Une septicémie déclarée, affreuse à voir dans un si jeune organisme. Or, une laisse ne laisse ni le chien ni le poème. En deux jours l’infection se propage. On part n’importe comment dans les Dolomites. Un as du ring ou du volant te rend visite en voisin, apportant un palmier en pot et des objets. Certains pour éviter la pluie et l’anticiper. Grand choix de verniers au dixième, au vingtième, avec réglette à coulisse pour les longueurs et les angles. Nécessaires de couture, de bain et de deuil. Poids en cuivre, en laiton, en alliage. Marbre moulé. Petite, montre-moi cette bouteille pleine de sang, d’ici on dirait du sérum. La capacité du bassin a doublé d’un coup, comme on déplace un curseur. Elle est boudinée là-dedans mais ça ne se froisse pas, c’est du crêpe ou du reps ou je ne sais quoi. Un produit certifié, quasiment extrait à la cuiller, grain par grain. La dépouille d’un animal méconnaissable, un paquet d’algues noircies, oxydées par les intempéries et le passage du temps, une matière fuligineuse répandue et presque mélangée à la terre. Les distances réelles s’apprécient en foulées : en quelques foulées, c’est-à-dire très vite (le même nombre exactement qu’entre deux haies à la course), tu vas du point a au point b. Même chose pour les volumes. Avec ces yeux-là on peut compter jusqu’à huit douzaines à la minute. On repère l’embout idéal en céramique, celui qui s’adaptera au quart de poil, on gagne un temps précieux. C’est prouvé. Et dans cet autre chant de l’enfance, la mère du hibou noyé a les yeux pleins de larmes, un convoi funèbre chemine parmi des calvaires et des exemples variés de géométrie dans l’espace, entre deux rangées de peupliers d’Italie : c’est un panorama qui sent encore la peinture mais empreint d’une noble élégance, très chic, cependant qu’on entend dans la foule s’élever des cris d’aliments blancs : Au charbon ! Au charbon ! et ces aliments sont les monstres blancs ou bruns qu’on trouvera chez n’importe quel lecteur un peu cultivé. C’est bien du sérum, finalement. Un bouillon aigre mais bienfaisant, réparateur. Plongeant dans les flancs de la volaille ou de l’agneau mort et pas encore apprêté le couteau généreusement graissé au préalable et en prélevant une mixture de jus noir et d’entrailles telles que foie, rognons, cœur et sous-produits divers qui ont une heure montre en main pour s’expliquer. C’est une énigme à résoudre, cher client : il y a un tableau de bord bien imité ; sur ce tableau mon nom, et ces mots notés derrière la glace : moi dans un miroir. N’y touche pas, c’est tout gluant mais ce n’est pas de la glu. Il faudrait un appareil à mesurer la souplesse et la viscosité, et un autre pour les points-poésie. Alors vas-y, fleuve puant, fleuve de mort et de désolation, vomis la bile du sachet membraneux ! Tu n’es huileux qu’en apparence et dans certains récits du passé. C’est comme si tu faisais du mortier sans les mains. Lotion chlorée contre la perte des êtres chers, en dosettes ou en flacon familial. Ici des sous-vêtements pour l’hygiène et là des foies séchés. Un ciel d’un bleu pur, presque blanc et incolore à l’œil, indique midi, midi et quart. Tu cherches à la fois un accès et une issue, l’accord gagnant/gagnant cœur et poumons qui reste un idéal. Ce prurit, ces démangeaisons partout, c’est le système neuro-végétatif. Je fais pareil avec ma langue. Attends, lecteur ! avec ma langue je fais deux choses, de même qu’on est lecteur et client ! Tu mets tes jambes en équerre et tu cours, tu fonces devant toi sans moufter, comme un escroc, comme un gibier, comme un abruti. Ça implique esprit de corps et abnégation.

Dominique Quélen
 
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Lundi 25 juin 2007

 

(c) Vladimir Gil, 2007
   
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Vendredi 22 juin 2007

 
 
ma vie est si lente sans toi. je promène des chiennes et parle
français. elles me comprennent.
j'ai vu sur le lac une ombre comme toi brouiller les cartes. aux
mains je suis agaçée de cartouches.
furieuse comme coup de fouet. je bois et dans les mains les
ombres.
tu fais des choses. je ne veux pas croire. tu me dis que bien que.
je caresse des tentatives.
comment écrire le printemps ma vie n'est. si et tant de silences.
sous peines. quitter les lieux. à trop. dans les mains le coeur et
quoi.
furieuse je bois. d'agace à se comprendre des fois. des fois.
furieuse je ne veux pas. croire vorace je d'ombres ma vie tête en
l'air. et je bois
je me brouille à ne pas. comprendre je me brouille. les chiennes se
barrent.
je tente de me. quitte ou goûte.






mal lune. j'tout possible à boire et pire. furieuse vorace. les
chiennes sont revenues. on se promène.
d'ailleurs je me demande. et des comment et des pourquoi je les
radote genre commun. à se comprendre des fois on s'imagine.
 on se parle on croit. s'agace. on se. se méprend. bras qui tentent
quittent. souvent c'est pas du jeu à ruse.
les cadavres y remontent toujours la gorge. à trousses je bois. je
bois à chasse pas peur. c'est pas du jeu.
nous sommes ensemble. quand bien même. et ça démange ça agace
ça irrite cette présence. de trop et tant. de lunes tout. je bois
pour être seule furieuse.
de trop de coups genre commun. ça fouette sangs ça remue ça je
peur ça vorace ça revient toujours ça larmes parle et pas parle et
pas ça ça qui trop. qui trop.
me tente. en passant je doute.
je te préfère pas là.


Claude Favre
 
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Lundi 18 juin 2007


(c) Matthieu Séry, 2002
Vue d'installation. Acrylique , papier de soie.  250 x 330 cm.

 
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Vendredi 15 juin 2007

  ω16/(cinquième jour)

 

 

Il y a l’angoisse au fond de la tranquillité et de l’émancipation et il y a d’une part une corrélation entre l’angoisse permanente et la recherche de la tranquillité mais, d’autre part, une autre corrélation entre l’angoisse ponctuelle et la recherche de l’émancipation. Il y a nous ne sacrifierons jamais notre liberté à notre tranquillité ! Il y a mais qu’est-ce donc que l’aloi ? et il y a aussi mais qu’est-ce donc que la vergogne ? Il y a nous égalisons liberté et sérénité. Il y a nous pourrions bander, bander en permanence mais nous nous épuiserions de bander en permanence dans un monde qui bande si peu, qui débande plutôt ! Il y a nous ne sommes pas le dieu bandebande, appelez-nous plus simplement : ybande ! Il y a la politique nous, nous tous, nous guérira de nombreux maux. Il y a nous serions inspirés d’embrasser notre monde et ceux qui l’entourent, qui s’y invitent ou que nous invitons. Il y a entrelardage, il y a des chaînes et des réactions en chaîne, souples ou rigides. Il y a des sphères, sans doute, mais il y a aussi des retournements de sphères, des diagonalisations de sphères, même des métamorphoses de sphères. Il y a nous sommes seuls. Il y a nous ne pouvons pas sereinement perpétuellement espérer que les choses glissent. Il y a… parfois il s’agit de les faire glisser. Il y a des allusions. Il y a la vérité est systématiquement la réponse. Il y a donner le « la ». Il y a ◄ZIP► ce conseil : « ne te consume pas par ton désir de connaître », il n’y a pas de mystère qui ne soit perçable. Il y a sinon, encore, le trésor que nous préférons et que nous jetons à la mer ! Il y a sauf : toi, toi et toi. Il y a, il se trouve que notre chance, que la chance de chacun est infinie. Il y a : branle-bas de jubilation ! Il y a cela ne se dit pas. Ah bon ? alors il y a il y a et puis c’est tout ? Que non ! Il y a dépêchons-nous. Il y a voilà notre tâche, notre véritable et déraisonnable tâche. Il y a nous ne pourrons rien, isolés les uns des autres. Il y a nous hésitons de moins en moins. Il y a les mamours ne suffisent et ne suffiront pas dans les moments qui viennent. Il y a l’amour libre triomphera un jour viendra. Il y a l’amour libre triomphe déjà. Il y a : ouf ! et heureusement. Il y a l’amour, il suffit de l’attraper ! Il y a le travail qui ne sert à rien, il y a beaucoup, énormément de travaux qui ne servent à rien sinon à nous faire dévier de notre objectif : la prochaine galaxie. Il y a des sauve-qui-peut qui écrasent des doigts d’enfants et des terroristes qui tuent des enfants ? Il y a laquelle de ces deux situations est établie sur un fond politique ? Il y a : la seconde évidemment ! alors faisons de la politique pour sortir de cette ténébreuse époque. Il y a nous voyons la lumière. Il y a nous sommes éclairés, oui nous sommes éclairés. Il y a chacun a le droit d’être éclairé et de s’éclairer. Il y a : du calme. Il y a la foudre qui nous fait nous cacher et trembler. Il y a voilà de quoi nous avons peur : des éléments qu’ils soient naturels, surnaturels, extranaturels, bref pas naturels du tout. Il y a nous ferons un bond décisif en avant en cessant de considérer les seuls éléments naturels et para-naturels comme les seuls éléments du monde. Il y a nous établirons une arithmétique des éléments naturels, surnaturels et artificiels non pas à travers les époques mais à travers le réel, le symbolique et l’imaginaire et, si nous en avons le temps, tout de même par croisement des deux ! Il y a : pourquoi ferons-nous tout cela ? Il y a parce que nous avons choisi de prendre une part au monde. Il y a dès lors : sinon nous nous retirerions du monde ou nous fermerions notre gueule, toujours et à jamais. Il y a : en serions-nous capables ? Il y a nous ne sommes jamais plus sensibles que lorsque nous souhaitons nous émanciper. Il y a : —————


Antoine Dufeu
  
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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