...

Calendrier

Novembre 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Recherche

Ainsi soit-il

...

  • Flux RSS des articles
Samedi 25 novembre 2006

 

 

 

La lymphe nous maintient dans notre forme quand le sang des mondes nous met en réseau.

 

Il est un combat contre le lexique, un autre contre le rythme ou l’espace de la page tels que l’on se les préfigure, normés. D’autres batailles encore sont lancées contre le corps ou l’idée du corps : il s’agit là d’y échapper ou d’y circonscrire une certaine éthique ou une certaine idée de l’éthique. On se performe et se dissout dans la syntaxe et la répétition hypnotique. On s’exécute dans l’anti-corps. On cherche des anti-mondes où se fourrer, des nuits où se cacher. On est l'instantané d'un déchirement.

 

Ces batailles sont compulsivement libératoires : d’un mouvement, elles laissent penser que le sujet recouvre sa liberté dans la phrase du monde. Mais il n’en est rien. Aucun être n’est isolé, détaché du reste : illusion de la solitude. Nous sommes une part dans la phrase et sommes dits par la phrase.

 

Si de telles batailles formelles et spirituelles sont indispensables à l’élaboration d’un nouvel ordre poétique, elles n’en libèrent pas pour autant les sujets, inextricablement liés à leur outil invisible : la langue de sang : la respiration du devenir.

 

Je vois la danse des étoiles autour de moi et leur sang circule jusqu’en moi.

 

La vraie bataille, s’il en est, est celle à mener contre cette langue qui vous parle, la langue qui vous dit tout entier, avenir inclus, d’un seul trait et sans que vous ne puissiez rien faire. La vraie bataille consiste à la comprendre pour la déjouer. Embrasser la langue pour la faire taire. L’aimer de tout le corps dont on dispose.  Fourrée dans le noir du possible, elle vous prédomine et détermine, déjà en soi et sans que vous ne le sachiez, vos prochaines batailles. Elle est la première pierre, le premier ordre, l’origine de l’action. Aussi, faut-il travailler pour apprendre, du début jusqu’à la fin, ce que les parques ont souhaité faire de nous. Travailler donc pour arriver au silence. Au grand silence.

 

Mais attention, l’idée de l’issue aveugle le combattant excité et impatient. Pour avancer, il faut retenir ses armes, « tenir le pas gagné » : la bataille contre la langue ne doit pas être, ne peut être qu’une simple volonté de sortir de la langue, là, par les cheveux jusqu’à mourir, détournant le flux des astres pour s’isoler des langues. Non, le combat doit être tout entier, dans son âme tendue, structurée et contrainte comme la nature. Il est une longue traversée qui s’éprouve dans la succession et dont l’expérience se fait dans la langue, faisant voir des éléments extérieurs aux sois, communs à tous : figures parfaites laissées dans le sillage du sang des astres.

 

L’avancée ne se fait que lorsque cette volonté de déplacer le soi dans un désir de mort, ce souhait de n’être plus le jeu des lettres, met la langue en tension par sa critique et son propre anéantissement. L’esprit se gonfle alors comme une voile et s’ouvre vers les nouveaux espaces à appréhender. Un certain silence trouve alors toute sa place dans le corps du libéré.

 

Et là, seulement, les parques doucement apparaissent et des images du dehors lentement reviennent.

 

 



Mathieu Brosseau

 

 

 

 

 

par maya publié dans : textes
commentaires (0)    recommander
Samedi 25 novembre 2006

Dévorant et autophage, plexus-s recherche son extérieur pour se donner forme dans l’échappement créé par la succession, pour se remplir par fragment d’identités passées, d’états à renouveler sans cesse.


Plexus-s est un puits sans fond, béance aspirante qui ne peut cesser de s’ouvrir.


Il s’héberge dans la langue en feu.

Plexus-s est un journal perpétuel, une forme envolée, s’étirant, qui se nourrit de ce qu’elle sera, ces absences à devenir.

par maya publié dans : dans le flux
commentaires (0)    recommander

plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

ici nous publions

  • des textes littéraires
  • vos informations (événement, lecture, salon,...)
  • des images

 

 


Catégories

Auteurs

 

Laurent Albarracin

 

Edith Azam

 

Yves Bergeret

 

Jérôme Bertin

 

Jérôme Bonnetto

 

Antoine Brea


Charles-Mézence
Briseul

 

Mathieu Brosseau

 

Arno Calleja


Lucille Calmel


Fabrice Caravaca

 

David Christoffel

 

Philippe Cou

 

Catherine Delamaire


Louis-François Delisse

 

Carla Demierre

 

Sophie Dubois

 

Antoine Dufeu

 

Armand Dupuy


Claude Favre

 

Bruno Fern

 

Dembo Guindo

 

Alain Helissen


Alexandre Ikonnikov

 

Jacques Josse

 

Fabienne Kanor

 

Roger Lahu

 

Vannina Maestri

 

Christophe Manon


Victor Martinez


Pierre Ménard 

 

Lorenzo Menoud


Mathieu Nuss

 

Dominique Quélen

 

François Rannou



Jean-Yves Reuzeau

Loïc Robin

 

Samuel Rochery

 

Matthieu Séry

 

Jacques Sivan

 

Aurélie Soulatges

 

Lucien Suel

 

Nicolas Tardy

 

Michel Valprémy

 

Isabelle Zribi


 

Contact - C.G.U. - Signaler un abus