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Vendredi 29 décembre 2006
 
Le sujet tâte le sujet puis serpente sur le dos et sur ses entrailles, arborant ainsi la danse de fertilité qui attise les sujets, autres et pareils, hermaphrodites et monotermes dans leur élongations, leurs finitudes et basses terminaisons. Le sujet respire alors et reproduit pleine intelligence en un rapide éclair dissoute les réflexes gravés de sa grammaire ancienne pour anticiper un futur allonger les copies. Le sujet agit ainsi sans a priori mais tout à la houle de son histoire de la voix du passé capillaire. Ses cheveux, sa peau, son poil, ses yeux sont tout autant de mains noires dans les azalées. Et nous savons par la science que ceci est excitant. Le sujet a degrés de liberté, libres à lui, libres du ciel, libres des injections, libres des épices qui marronnent sa peau, tout autant d'écorces meubles dont se sépare une saison. Son temps lui est réduit, comme ses temps de tâte, les mouvements de son derme, le jeu de ses ecchymoses, la géométrie de ses dons. Le sujet croit penser, pense croire, croît dans la pente et s'ouvre les genoux dans les dévalés. Son crâne repaît dans les sujets et les noms, dans les airs d'action qui ponctuent les instants, dans l'économie particulière des discours et des amitiés. Puis le sujet tâte à nouveau.

Philippe Cou
 
par maya publié dans : textes
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Jeudi 28 décembre 2006
 
为什么诗艺是无形的
……
不存在真正的墓碑

 

par maya publié dans : poetics
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Lundi 25 décembre 2006

(c) Vladimir Gil

 
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Vendredi 22 décembre 2006

 

Citoyens de l’aveniverciel, délégués des océans et des hauts plateaux, représentants des globes terrestres et des sphères célestes, militants des avenirpossibles, résistants internationalistes d’une lutte qui recule toujours, à travers les désespoirs accumulés des siècles, ressortissants de la bataille fantôme bombardés par un excès de preuves aveugles, déserteurs des troupes sceptiques de la corrélation, forçats des rêves splendides, fédérés des communes égalitaires, apatrides errants des singularités infinies, compagnons d’armes des politiques d’émancipation, maquisards et insurgés des utopies fraternelles, mutins des vérités génériques, guérilleros de la lutte des classes, éclaireurs des situations de masses, téméraires et audacieux indisciplinés qui mêlent l’idée à l’action et l’action à l’idée, renégats des proses policières, fellahs de la révolution de l’esprit, partisans de l’esprit de la révolution, sœurs chiennes, frères chiens, loriots, fourmis, baleines, macaques, bêtes bêtes bêtes, vous tous qui mourez et vivez sans peur, venez à moi. Nous sommes tous, nous tous sommes habitants du séjour infini de la Terre. Nous sommes frères. Nous baignons dans la même lumière, la même lumière, nous baignons dans la même lumière.

Camarades, ce que je dis maintenant ce n’est pas moi qui le dit, cela fut exhumé. Nous avons perdu la mémoire du soleil. Cent fois les hommes ont rêvé d’une vie nouvelle et cent fois leur rêve a sombré dans le sang. Je viens d’une défaite où j’ai survécu à toutes les morts, à toutes les morts, j’ai survécu à toutes puis j’ai pris le destin d’un autre comme habit. Il est grand temps, grand temps, il est grand temps que vous le sachiez : je suis un homme de l’époque. Regardez comme je sais marcher et parler. Essayez donc de me séparer du siècle et je vous garantis que vous vous briserez la nuque.

J’ai vu des mondes fondre avec la guerre démente. J’ai traversé bien des exils. J’ai appris la science des adieux et du deuil dans les combats perdus. Et j’ai appris comment s’effondrent les visages sous les paupières. Comment émerge l’angoisse et la douleur se grave sur les joues. Comment le rire se fane sur les lèvres soumises et dans un petit rire sec comment tremble la frayeur. Je sais la lumière aspirée sauvagement par les barreaux. Je sais les douleurs partagées sur le seuil de la fraternité, le doux miel des mutilations volontaires. J’ai mangé l’une après l’autre mes petites illusions. Les grandes je les ai conservées précieusement pour qu’elles éclairent mes nuits. J’ai joué à cache-cache avec la mort et j’ai traversé un enfer si miraculeux qu’il ferait effroi aux pierres.

Maintenant je vais moi-même à ma propre rencontre. Un troisième œil m’arrive de derrière la tête. Elle qui a d’abord deux fois deux, puis deux fois deux fois deux avec 2/3 de queue et 1/3 d’oreille. Éblouissantes sont mes écailles, radieuses mes bronches, rutilants les estuaires de ma gorge. Je suis le monde, l’univers et ses milliards de galaxies. Je communie avec toutes les planètes et les astres sont mes frères. Mon cerveau, je l’enveloppe dans un nuage d’éclairs et de grêlons. Sous mon pied naissent les constellations. Ma bouche boit l’immensité diluée et se nourrit de poussière d’étoiles. Je suis la trajectoire. Je lève la main. J’indique le danger. Je pressens tous les séismes à venir et je pointe la cime des événements, des événements, je pointe la cime des événements. Je peints la noblesse sur mon visage, puis je fais appel à ce qui naît de la terre et de la main de l’homme. Je fais appel aux nappes dormantes du feu, à la colère des peuples, aux désastres passés et à venir. J’interpelle l’homme et la matière et les globes ardents et les flux d’énergie. Puis je bondis au sein du mouvement et j’offre mes chants de guérisseur aux crabes clandestins de la Cellule Alexandre Kroutchonykh et aux mésanges mutilées de la Fraction Eléna Gouro.

Par mon souffle, par le battement de mon cœur, ma voix, par chaque pointe de mes poils, par tous les trous de mon corps, par les fusils de mes yeux, par mes dents toutes grinçantes d’un cri de fauve, par ma peau de lapin, par les plis de mes sourcils en colère, par mes pores littéralement par tous mes pores, j’oppose un refus ferme et définitif à ce temps de cloportes, notre passé d’esclaves, tout cet essaim de petitesses et de lâchetés qui font de notre vie un tombeau, un tombeau, qui font de notre vie .


(suite à venir)

Christophe Manon

 
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Vendredi 22 décembre 2006
 
Viennent de paraître
aux Editions Wigwam
 


Les Démurs de Nathalie Brillant 

Née en 1966, Nathalie Brillant a simplement publié dans la revue Petite. Elle signe avec Les Démurs son premier recueil.

« Et quand le petit cow-boy rassérénant / claque – ça pue la foudre, / les sous-terrains sans limites / une escalade, un vice // le rouge cloué sur les seins / tu patauges en dehors de toi » (extraits)

______________

 

Trapani de Marc Le Gros

Marc Le Gros vit à Quimper. Il a publié de nombreux livres, notamment Eloge de la palourde Petit traité du crabe (CaPlan & Co) et Manières noires (Apogée). Il a également écrit la postface du livre de Paol Keineg Là et pas là (éd. Le temps qu’il fait) et animé pendant plusieurs années la collection « Bretagne / terre écrite » au sein des ex-éditions Blanc Silex. (Flammarion),

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Offrande pour Iron Woman de Diane Glancy

(traduit de l’américain par Béatrice Machet)

« Je suis originaire d’Oklahoma, état où ces villes surgissaient soudain en une nuit, c’était l’époque où les gens y affluaient pour posséder une terre, puis ensuite l’époque de la ruée vers l’or noir. Ce livre est dédié à la terre, au couloir central de l’Amérique où j’ai vécu, du sud au nord, et où l’image des villes champignons s’efface devant celle des cabanes de pêcheurs, ces abris construits sur la glace d’un lac du Minnesota. » (Diane Glancy, avant-propos)

 

_______

info@wigwametcompagnie.net


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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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