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Vendredi 28 décembre 2007

Des débris de bateau, parsemés de débris de pluies, battantes forcément, sur la coque neuve d’un débris de bateau.


Débris de bateau, lambeau de coque, cale de table à la mer : des bruits.

Des bris de glace, des brisures au bout de pieds secs, engelures : débris.

Une flotte de cales à la mer, plus rien ne tient. Un banc de cales à la surface d’une eau bleue sombre ; chair de poisson à tartiner après ouverture facile de la boîte.
Décalage entre l’ouverture facile de la boîte et l’ouverture pas si facile de la boîte.

Une cale de table est une de ces miniatures hebdomadaire chez ton marchand de journaux.

Sa cale de table est à la mer dans un instant de rage tout seul, tout nu, contre une cale de table qui ne peut rien contre la houle. L’intensité de la houle est vague, elle oscille entre quelques milliers de hertzs. Tout dépend.
Tout dépend de la cale qui dérive, transformée en milliers de cales dérivantes comme un banc de poissons en bois qui se laissent porter à la surface d’une eau bleue à très bleue.

Les bruits de plusieurs brins de matière textile (nous avons retrouvé une fibre) tordus ensemble, s’entendent à peine.

Tout le monde a les pieds secs. Il a le pied marin et il balise d’être tout seul, tout nu parfois. Ses pieds de marins secs trempés par une déferlante vague brusque sont des choses qui arrivent. Face aux évènements, le bleu marine remet son pull et flippe tout seul et enrage tout nu.
Il attrape une pièce de bois aplatie à une extrémité, cogne contre un amas de matière quelconque formant une couche horizontale en épargnant l’appareil destiné à guider un navigateur, il n’est pas fou.

Une pièce de forte toile fixée à un mât et destinée à recevoir l’action du vent pour faire avancer les choses le propulse loin du banc de cales jetées rageusement à la mer ce soir de grève des services publiques.

On n’entend plus que le bruit du zip de sa parka et toujours l’envie de s’y jeter débattue dans le silence approximatif de l’eau.

Pour cuirasse et canon à eau, secteurs secs prévenus.
Un front de froid en cours nous vient et déleste l’homme de ses bouts de pieds (orteils). Le ventre recule au contact d’une goutte. Pour chuter, la température optera pour un vent qui la pousse vers là-bas. Pour ici, ailleurs, idem.
Dans l’ordre : canicule, soleil de plomb, s’attendre à étouffer. Pour le reste, prévoir un jour d’avance.



La houle précède le vague, les lames de fond soulèvent le bleu marine cardiaque sans que ça ne déferle nulle part. Un mouvement d’ondulation agite la mer, l’adresse de la houle est ce bleu marine qui ne vomit plus depuis longtemps. Le bleu marine ne vomit plus.
Un bleu marine est bleu marine sur un pont incolore bleu marine. La bruine humecte la face blanche du bleu marine. La houle est vague sous la coque. Le marin s’ennuie sec le jour et sans sexe la nuit, il écoute. La voix ne dit pas un hou pour se moquer de lui, tout seul, tout nu dans son bleu marine ; la voix dit presque comme deux hou consécutifs, rapprochés, serrés l’un contre l’autre. Le hou où l’on s’embrasse, un hou appuyé fantomatique en échange d’un hou doublé pour dire hé, oh. Oh, hé ! en somme.



Entre agité à très agité il n’y a pas de durée, pas de distance, pas de numérique. Entre agité à très agité il y a des pluies bruine, il y a du cumulus. Il y a, à une distance réelle entre 5000 et 13700 mètres dans le ciel (haut) des filaments blancs qui se détachent en traînées fines et ténues et ailleurs à la même distance des ridules ou granules blancs encore qui forment des nappes assez régulières. La régularité des nappes est acceptable à cette distance dite haut dans le ciel qui se situe entre 5000 et 13700 mètres. Jusqu’à 5000 mètre, il y a autre chose qu’un nuage. Les autres choses sont exclues ou presque de ces considérations, ce qui fait qu’avant et après il n’y a rien ou presque, qu’en dessus et en dessous il n’y a presque rien ou rien de suffisamment déterminant pour changer de nature.
Comme prévu, un voile qui recouvre le ciel peut avoir parfois un effet de halo. Assez souvent pour qu’on le signale. Pas d’indication de couleur ni d’épaisseur en ce qui concerne le voile, c’est un voile suffisant.
Il y a comme des bancs, des nappes ou des couches. Il y a comme des bancs ou plutôt des nappes ou plutôt des couches qui ressemblent en même temps à des bancs des nappes et des couches qu’on appelle à trois reprises en précisant le plus possible s’il s’agit plutôt de bancs, de nappes ou de couches, en insinuant que c’est aussi semblable que différent, un banc, une nappe, une couche.
Encore un voile, dont la couleur précisée est cette fois bleue-grise, obscurcit le soleil et la lune à travers le ciel dont la couleur se situe dans ces tons-là aussi.
Des nuages lourds qui sont assez noirs pour le dire recouvrent presque entièrement le ciel chargé de pluie des fois et de neige d’autres fois. Il y a ou de la pluie ou de la neige ou un peu des deux ou de la pluie qui tend vers la neige ou de la neige qui tend vers la pluie ; la pluie tombe et la neige chute.
Il y a des bancs blancs de nuages d’un blanc dans lequel il y a des zones grises ou noires en ombre. La pluie est légère, la neige chute délicatement.
Il y a une couche grise uniforme basse qui peut atteindre la surface à travers laquelle on distingue le contour du soleil parfois. Assez souvent pour que ce soit signalé.
Une forme de chou-fleur ou de dôme a une base sombre couleur oscillante noir-gris qui se distingue de zones couleur blanc-éclatant qui se distinguent d’elles-mêmes.
Une forme dense avec d’énormes tours a cette fois une base très sombre qui ne laisse pas voir de zone de couleur blanc-éclatant.
 
Il y a une respiration courte avant la démesure.
La voix dit la mer est démontée ce soir. Elle ne dit pas les mecs. La voix ne dit pas démontée. La voix ne dit pas accrochez-vous. La voix suggère que ça chauffe et met en garde ne pas se prendre une corde dans, la voix ne précise pas sourcilière, l’arcade. La voix ne prononce pas secousse, déferlante, chavirer, noyade, effroi, constellations d’étoiles, obscurité totale, petite clope sur le pont en pensant vaguement au cours des choses le regard forcément plongé dans le liquide ; elle ne dit pas embués bientôt par un sentiment d’absurdité tout naturel.

Une tempe trempe de marin, l’oreillette moelleuse de sa voix d’un soir tout seul. Il est dans/sur un bateau, une navette aquatique le mec (oui plutôt bleu marine) la navette incolore bariolée de quelques noms, Maria, Valentina, Santa, Santa Catherina, Rebecca, Lucinda, Santa Santa Barbara.

Bleu sur bleu, il se prend des cordes de pluies et de fibres sur le visage qui change de couleurs indistinctes, il fait toujours nuit là-bas. S’il fait toujours nuit là-bas c’est que les choses ne se distinguent pas les unes des autres, même quand il fait jour. Du bleu sur du bleu contre du bleu à variable dans les bleus comme un bleu classique quand on se prend une corde dans la gueule.
Ça change toujours pareil, c’est toujours pareil quand ça change, c’est toujours pareil, ça change du bleu sur du bleu sur un bleu différent qui vire au bleu-violet-vert-jaune, c’est presque déjà la fin du bleu avec de l’écume brune-jaune-blanche qui ressemble à du bleu quand on a trop de soleil bleu-blanc dans le blanc des yeux brun plutôt vert.

C’est aussi mouillé que sec, tout le monde s’en fout et se jette contre les côtes avec l’idée de dépouillement. Du naufrage sans bandeau sur l’oreillette : tout est humide, la variable du mouillé et du sec. Tu finis toujours tout nu, tout seul. Tout nu tout seul vêtu en bleu marine pour se distinguer en se confondant.
La langue toute nue lèche l’oreille et une onde plastique traverse des lieux qui existent. Un bleu marine se rue sur l’idée de parcelle qu’il élastique à coup de tirer sur la corde de merde d’amarrage. Le monde est un lieu ici.


Carla Demierre
 
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Vendredi 21 décembre 2007


« Il me fut autrefois interdit d’écrire penché.
C’est peut-être de là que mon corps s’est
incliné au lieu de l’écriture. Et de là qu’il
est resté voûté au milieu de ce qui
se tient droit — les lettres
d’un alphabet romain. »

(Emmanuel Hocquard)



Comme un séisme de langue

Comme un séisme de langue de faible magnitude nous apprend en temps réel les réactions d’une structure. Quasi condamné à dire « pourquoi pas » plutôt que « pourquoi » – certificat de vie et de conformité comme on ralentirait son métabolisme pour ne plus chercher à comprendre. Incapacité du cerveau à établir des logiques (liaisons) dans ce qu’il « vit » de ce qu’il voit ; maux du voyage.


2 corps de sons, Frith / Drouet, 2 respirations


2 corps de sons, Frith / Drouet, 2 respirations de micro-volcans échauffés ou refroidis différemment. Musique merveilleuse de sons (sur l’arête de l’écoute) qui restent en relation entre eux en toujours autrement, tantôt interrogeant tantôt ménageant la réponse de l’espace qu’ils sont en train de formuler.


Des ensembles qui se chevauchent. Pluie


Des ensembles qui se chevauchent. Pluie et lueur consommées d’une étrange manière, si bien que cela résume tout le problème qui se pose pour appeler les choses par leur nom, contamination des sujets et des sujet-objets. Des notions (se) fracturent, hémorragie nasale, grammaire des interférences dans lesquelles je fugue, tors, tors, récapitule et retors. Avant que l’air n’engage sa fuite, repiquage de l’incontournable : la poétique en guise de procédure et la poésie pour procédé.


Je ne me donnerai pas la peine

Je ne me donnerai pas la peine d’un surplus d’agitation, d’une adaptation plus sophistiquée que l’once de négativité tenue dans mes réponses reptiliennes. Quel autre système immunitaire ? Quel autre glucose ?


Gros de l’ennui à considérer


Gros de l’ennui à considérer comme un point d’orgue stratégique, une didascalie mentionnant s’il faut ou non se ménager dans l’attente, rentrer en terre des mouvements pourtant stupéfiants de sincérité. Et plus licencié encore dans le silence qu’une intuition mauvaise, revenir au bitume des heures, débrouiller l’engourdi grandissant (réalisation oblige).


Cousances-les-Forges ; charognarde


Cousances-les-Forges ; charognarde de son propre sommeil, la bouche en v renversé. La bouche bien séparé de la mêlée, les jours où l’on ne supporte que de franches radicalités : brutalité d’un côté et beauté brute et naturelle de l’autre. L’exemple de Jude Stéfan qui, lorsqu’on l’interroge sur l’usage qu’il fait de ses innombrables dictionnaires, répond prodigieusement qu’il les améliore quand cela est nécessaire. Ce mois de mars s’exprime comme shampooing de poisse ; ciseler les sommes de relations, les coexistences qui rendent le détail hermétique. La peau qui ne fonctionne plus vraiment et notre respiration qui ne parvient à rien sans assistance : printemps bas de gamme. Je plaque au sol mon front pour m’en remettre à sa messe basse, recompterais presque l’autant de nanosecondes qu’il y a en une seconde que de secondes en vingt-cinq ans.


Débats, montées de polémiques, oui/non,


Débats, montées de polémiques, oui/non, continuités conflictuelles dont nous n’aurons pas l’issue – des semaines qui se succèdent, n’étant plus qu’un ensemble de caractères noirs écrits enfermant à clé.


Biomasse langagière. Obéir aux règles pures

Biomasse langagière. Obéir aux règles pures d’insistance, d’imperfection, de circonspection et de négociabilité. Savoir jusqu’où ne pas aller trop loin lorsque l’on tranche entre le bon grain de l’indispensable et l’ivraie du superflu. Et plus que jamais, plus que le poème lui-même, c’est la manière du poème qui serait la bienvenue. Même dans cette clairvoyance contraire à la taupe qui passe son existence à creuser, même si des nœuds doubles serrent l’hémorragie qui déborde d’enthousiasme maladroit, l’inévitable densité résultante conduit droit à des contrariétés profondément inscrites, conduit sans plus de doute à une forme d’effet de serre – l’intoxiquant du lecteur.


Créer est absolument forcer


Créer est absolument forcer un rapprochement d’affaires.



Poussières, additions payées au comptant :

Poussières, additions rimées payées au comptant : sinon une suite de jours ouvrables sans fol intérêt, qu’est-ce résultat ? Le travail d’écriture aussi, ridé d’une douleur qui n’est pas de son âge. Quand des mots ne disent qu’une certaine motivation à dire, en inflexions surnuméraires parce qu’on hait, on se retrousse déjà de plus tard. Sortir un peu de tête poids plume, fréquenter même certaines poésies qu’on pourrait dire « de la bonne part » d’être au monde. Les décisions se partagent avec les trouées d’air, parce qu’il y a des scalpels, comme ça, au vol, qui font que l’on change d’avis, qui nous confirment que les instants ne caractérisent que des tentatives. C’est exactement le signe de l’ouvert à l’épreuve, d’une lumière comme venant déborder sur des sujets plus que d’autres, comme si certains instants méritaient d’être vécus au double de notre surexcitation : une chute d’eau s’achète-t-elle d’ici ? Mais s’agissant de repasser chaque fois à égalité d’envie les mêmes portes battantes, les mêmes espérances veuves, ressassements et charges de revanche que singe le poème, « peut-on rire sans être formé d’atomes rieurs » (Lucrèce) ? L’épaisseur de béton de soi sera calculée (et remarquablement) en regard de l’événement à venir, l’événement centenaire, statistique et catastrophique.


Je sais que l’état d’attention remet en cause,


Je sais que l’état d’attention remet en cause, je sais la vessie débordée de travail dans l’attente, je sais la place de l’attente qui crée l’encombre intérieur juste avant de créer l’encombre du livre, je sais ce qui affame les questions à un pourcentage favorable pour ne pas y répondre. Je sais m’absenter. Parce que ce qui cadre l’esprit d’encombre, de souffleries pouponnières, peut être la page. Et je ne saurais renier ce regard bâti en erratum, y croyant dur comme fer.
Prise efficace, flatulence du mur de chambre en guise d’avertissement, agglutination, énergie de l’indice de transparence, tout se dégageant de là devant soi, avec cette force extra-conjonctive. Au mieux je suis tout près de là, j’arrive à temps sur l’offre-surprise, et la page alors, un semblant plus atteignable.


Et j’apprends qu’il existe depuis peu des formations

Et j’apprends qu’il existe depuis peu des formations de type s.b.a.m. « sourire-bonjour-au revoir-merci ». Pour une vision récréative de l’espace ? J’apprends également le mot « accidentologue ».


Mathieu Nuss
 
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Vendredi 14 décembre 2007


I.

brille le soleil
les êtres sont partis
derrière eux une traînée de présence
les assises de la plénitude ne tremblent pas
encore
je leur demande: « pourquoi fuyez-vous? »
une jeune fille rit dans les genêts
puis disparaît
tenter d'entrer dans la joie pure de la joie
m'a-t-elle dit: « l'excès de drogues récréatives augmente
les risques d'alzheimer tout comme l'athéisme »
l'astre du jour au zénith m'oint de sa glaire et fait tomber
sur le monde des écailles de lumière
c'est bien le minimum
une gloire solitaire qui pourtant en est une
aucun raclement métallique dans le fond de l'air
sinon sourd au-delà de l'horizon, sa courbure,
le beuglement des barbares agressifs, tapis au-delà
l'angoisse des soldats si loin si loin au-delà
quels sont-ils?
brille le soleil sous ma gloire
brille le soleil jusqu'à l'horizon seulement
brille le soleil source de toute gloire
j'attends sous la tente de chef avec les moustiques
l'épopée commence dernière


II.

l'humeur du héros sautille avec le vent
ce qui rend les choses difficiles
mais la direction de sa quête reste la même
la teneur générale, pas la quête en elle-même
pourquoi? pourquoi les créatures exigent de nous
attachement, désirons-nous les posséder?
je dois perdre un à un les éléments de mon apparence
abandonner sans me retourner ... sur le pas de la porte
laisser le cheval bride ballante errer dans la forêt sombre, sans fin
et traverser les ponts au-dessus de ce qui écoeure
c'est inhumain tant j'aime les jolies idoles sucrées et douces
qui font le plaisir, l'énergie et le reste
des feuilles de cuivre craquent, une fine pellicule de fraîcheur
enveloppe mon corps, du froid à venir, l'attention est aiguisée


III.

au-delà de l'horizon quand tu sentiras la courbure
du globe là seront les barbares
et pas question de les trouver en toi
au fond sans fin de ta caboche maladive
le tiroir humide de tes rêves envolé!
pas dans la belle histoire, ses héros, ses traîtres, ses suiveurs
cela est le picotin des êtres aimables
qui font les communautés
les barbares t'attendent pile quand la terre s'arrête
tapis dans les bordures extérieures, l'incréé, le néant
ce qui est sans visage si tu préfères
la frayeur qu'ils inspirent est inégalable
(et) ayant tout abandonné tu n'as qu'eux
à chérir, à maudire, à détruire si cela est possible


IV.

tu te sépareras de ta mère
tu te sépareras de ta mère
de toutes tes femmes, de toutes tes attaches
de tous les êtres
et le désastre de ton entreprise sera le seul motif
valable de continuer
ne jamais voir dans l'oeil de la bête crevée
autre chose qu'un oeil de bête crevée
jamais tu en mourrais
idem pour les branches des arbres, la croisée des chemins


V.

au premier tintement d'une fine feuille de cuivre
j'entre dans la Contingence Absolue
ce qui est ne peut être qu'autrement et cela est admirable
cuivrement fineuille de je dis
la mort de dieu n'est pas une petite affaire personnelle
non non et non les enfants sont idiots de rire ainsi
en serrant mon index que je leur tends malgré moi
à la sortie du bois, aucune irruption ni catastrophe
les énigmes et les péripéties, nada
seule rôde l'Insignifiance qui est mère de tant d'instants
ceux qui tissent nos jours, nos maisons et la cotte de maille
capable d'arrêter l'acier des armes.


VI.

à la sortie du bois j'ai dû laver la peau des attaches
des instants, des fioritures de réalité et cela
est plus douloureux que l'équarissage des troupeaux entiers
puanteur, beuglement, mort électrique et la fournaise de la charogne
l'eau s'en est écoulée dans l'humus sec qui l'a bue comme
n'importe quelle eau et la peau a toujours aussi froid, faim et peur
et l'eau lave toujours avec la même ignoble indifférence
« tu n'iras pas dans la boue, tu n'iras pas dans la lumière
tu resteras dans cette part du monde où l'on ne te voit pas
tu renonceras à ce qui fait le monde pour toi
tu vibreras nu au milieu des choses qui ne sont pas, qui ne sont jamais
et ce qui n'est plus tu l'oublieras » me dit l'eau
que je dois supporter


(suite à venir)

Charles-Mézence Briseul
   
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Vendredi 7 décembre 2007


goddess3.jpg
THE GODDESS OF 1967



1er pas (rôle) de la « danse » (verbale)  (PS  d’un mail à M Js)

Les deux silhouettes ci-dessous - que j'ai assez "retouchées", - dansent dans un vieux dancing délabré au coeur du bush australien : elle est aveugle, il lui apprend à danser, elle veut retrouver son père pour se venger d'horreurs passés, lui, du Japon, n'était venu en Australie que pour acheter une DS 1967 : bref , eux non plus ne savent pas vraiment où ils en sont, ni pourquoi, ni où cela les mène ; mais ils ont la force infinie d'être fort jeunes, donc ils "y" vont droit devant.


2eme pas (mail de M J)

« danser à l'aveuglette, c'est très beau.
En savez-vous un peu plus sur cette histoire ? Si vous le permettez, ou si vous voulez bien en dire deux mots supplémentaires, je l'enverrai bien comme "parole de danse" à la Compagnie Hallet-Eghayan qui  intervient sur le quartier de la Duchère et publie régulièrement  sa "lettre" trimestrielle qui a pour titre "Echappées belles".


3eme pas

Envie de faire danser encore plus la photo dansante
La desaxer encore un peu plus
Et préciser que la jeune australienne dansante est non seulement très aveugle mais aussi très très rousse (et très perturbée par les horreurs anciennes)
Note : dans ce vieux dancing où le japonais (amateur de reptiles, en plus de sa fixation étrange sur la Goddess 67) lui apprend ce que c’est « danser », la mère de la jeune rousse aveugle perturbée  dansait véhémentement  (et a abandonné le père pour un danseur d’occasion)
Note 2 : le père était un très sale bonhomme


Contre-danse

Je n’ai jamais dansé
Mais je comprends très bien l’attachement du jeune nippon pour les DS  : j’ai une AX diesel « vert des isles » de 12 ans : je l’aime très fort
le père de la jeune rousse aveugle finit mal  (au fond d’une mine ) (au « fin » fond du bush australien) (c’est là qu’il vit) (elle ne le tue pas ) (en avait pourtant forte envie) (mon père est mort tout récemment : lui était un danseur de première bourre)

dernière image : ils sont dans la Goddess 67, ils s’en vont, ailleurs, il conduit, il ferme les yeux pour voir ce qu’elle voit, ils rient, c’est une belle fin
la DS rose de 67 danse saprément sur la route

          beaucoup de poussière rouge virevolte 
                           comme la robe d’une danseuse flamenco

goddessaffichegros.jpg
(« The goddess of 1967 » est un film australien de Clara Law – 2001 )



L’ECHAPPE BELLE

Il existe une revue de poésie intitulé « l’échappée belle »
Le numero 13 avait pour thème imposé : « du bout des doigts »

J’y ai publié un texe :  « DEHORS » : c’est ma seule manière de « danser »

C’est une « parole de danse »  
Une sorte de vire volte hésitante   (oh la ! dame ! j’sais pas valser moi !) (vieux père oui , très bien) (moi, j’hésite, un pas en avant et deux en arrière, puis trois quatre, vers l’issue de secours ) (toujours fermée) (et alors, forcément, on se brule tous les ailes dans ces incendies de dancing du samedi soir) (cette chanson de paolo conte : « dancing » )




DANSE

Non décidément
J’ai beau dire et faire et contredire et contrefaire

Je ne sais vraiment pas ça :

  « danser »

« vous chantiez ? j’en suis fort aise …. »


Roger Lahu

 

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Lundi 3 décembre 2007

IMG-1554.JPG
 
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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