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Vendredi 29 mai 2009



On joue les phases éliminatoires
On est son propre adversaire
et sûr déjà de jouer la finale
dans une église comble

On n’a plus le temps des entractes
On lit son texte en courant
enchaînant le suivant
sautant toutes les virgules
oubliant de reprendre son souffle
craignant de voir partir trop vite
un public qu’on devine lassé
et qu’on retient encore
d’un avant-dernier mot



Alain Hélissen






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Vendredi 22 mai 2009




tu ne m’as pas écrit depuis un mois et demi

je te répondrai dans un mois et demi

il faut voir ce qu’on peut faire

tu fais bien de dire si c’est pour

je ne fais pas toujours exprès ce que je peux

on voit bien ce qu’il faut faire quand on sait mal

c’est vrai observant attentivement faire toujours un peu plus

tu survoles et tu remarques et de la fumée on finit par aimer

regarde ce qui peut être rebondi en disant ça qui plus est

ceux qui voient bien ce qu’on veut dire n’étant pas

ceux dont on aimerait qu’ils nous écoutent c’est bien ça

ils ont 600 ans comme ils font cela si bien tout ce qu’imagine

brandir la montagne c’est pas le genre d’aider les gens

tu pourrais retourner balayer ta chambre triangle infernal

j’atterris doucement une fois que la description favorable

des plumes de couleurs variées caractéristiques tout à fait

j’avais pourtant proposé des moyens sûrs peut-être un peu trop

au cas où les loups reviennent ce n’est pas le plus grave

il a compris pourquoi ce qui explique des cris au loin

comme tu as cru un moment que la forêt était en feu

parfois cauchemar on donne de ces noms c’est pour ça

tout laisse à penser je ne me suis pas approché davantage

le lieu n’était pas fait pour être solennel et justement

le propos qu’il entendait n’était pas non plus question de solennité

poursuivre la créature très très puissante pour te dire

il ne s’agit pas à moi tout seul parler beaucoup tranquillement

la dernière fois elle s’est même le laboratoire disons depuis

redoutable de nous repérer du plaisir de dire qu’ensemble

le temps que les connections répètent qu’elles se font tant pis

je souhaite que nous avancions précautionneusement avec forêt

juste pour dire que mes devoirs question de savoir où on marche



au bout d’un bon moment l’endroit le passé de la marche essayer

c’était dans les récits hérétiques tu devrais de l’utopie papotis

on est là dans la nuit encore un pas dans ce truc qui bouge

des noms très longs pas complètement imprononçables

une table toute nue l’ordre déjà fond du placard inversé

en fonction de la manière dont ils vont réagir pas trop gros néons

je sais qu’intérieurement tu n’interviens jamais directement

quoique ce soit qu’il y avait un demi-cercle explicitement sacré

pour les autres se plaque t’observer chez soi le lieu trop souvent

l’occasion très paisible regard haineux pas tous les jours

des groupes commencent à se contracter apprendre à voir

toutes les chaînes convergent à bien qui veut entendre un milieu

et dès qu’on sort de l’univers-là se préparer sans rien lancer

tu vois que derrière toi pour se mettre la tension qui occupe

doit-il avoir plus de 170 mots pour désigner les relâchements

tout le monde le fait de briser l’objectif qui était le sien

mais personne le temps de considérer l’éclat de tous

la trame fait varier l’intérêt qui est le fait qu’une fiction

c’est l’adversaire très coriace qui a dit qu’il ne faut pas rêver

c’est sûr que son rôle n’est pas pour grand-chose dans ce qu’il dit

j’ai très faim mais je voudrais que cela indépendamment du reste

tu n’arriveras donc jamais à faire un dîner avec sérénité

les histoires de feu dans la forêt c’était pour ça

je fume encore un pas dans l’armoire haineuse et déconnectée

ceux qui reprennent toujours tout quand on leur demande pas tant

on espère encore un trou à moins qu’un autre mot devant

peaufiner personnage si c’est en attendant de déférer

multimodal si seulement voit-il bien qu’il en est une demi-heure

encore un peu loin même si toutes les questions de chemin

c’est pour au-dessus de son drame que vous me dites ça encore



David Christoffel


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Vendredi 15 mai 2009









CUHEL

 
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Vendredi 8 mai 2009

Winfried Veit



1.    mains.

Lequel dessus, par dessus tous, plombe au-delà? Quel œil scrutateur refuse les mains, les mains tendues – le peu qu'on tient? Les doigts bien comptés décomptent le temps, mais grattent bas l'œil, cette  vieille peau reculée d'une ampoule puis chutent... Nous ne saurons plus dire main.


2.    bras.

Fouillis fait sa route, l'épais buisson de bras qu'on mâche (nous mangeons nos bras / pour ne plus servir  ) craque et se tord. Il faudrait je ne sais quoi, pas l'envol, mais la métaphore d'autre chose, là, dans l'infâme, l'oiseau détaché de la branche, peut-être. Car une aile ne remplace rien mais bat la douleur, bat dans le tiède des chairs à l'envers sur le dos. Et comme cela, je n'écris pas plus loin que mon bas, c'est peu.


3.    jambes.

Jambes et jambes et cassantes à porter le fardeau – tel échassier lent va son corps d'insecte, sans queue ni tête, et lutte pour le peu d'appui. Lutte pour la terre ou l'eau, le frein de l'eau puis le rêve où, parfois, les gens se figent sans temps dans la masse. Tout cela, bien sûr, en disant demain je m'enjambe, avec assez d'ombre ou de nuit dans l'envergure des ciseaux.


4.    pieds.

On pense avec, sans tête. On pense avec les pieds comme on va, nos pieds sans terre, la fumée de nos pieds qui vont. On pense avec la spirale de nos pieds reposés, nos pieds qui n'ont pas besoin de semelles. On pense le chemin, celui venu dans l'air à verser les repères. Et qui dessous, plus bas que tous, qui dans la terre à compter, la terre avalée sous nos pieds? Ce manque de terre  ne ment pas, ce manque où peser. Ainsi, pied ruminé va l'idée, le pied d'abord comme on dirait deux pieds valent deux têtes.




Armand Dupuy,  
février 2009



  
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Vendredi 1 mai 2009

à Charles-Mézence Briseul


Le flou des nuages c’est de la myopie
Stagnante dans le monde, en bande naturelle,
Comme un banc de verres de lunettes brisés
Dispersés en un fin nuage, soufflés en l’air par le tuyau

Liquide d’une longue-vue, moussant au ciel
En bulles et lentilles au foyer desquelles
Ils se dispersent encore et se multiplient,
Devenant l’émulsion au sein de l’émulsion,

S’affinant toujours plus en la vision d’eux-mêmes,
Morcelés à l’extrême et n’ayant plus du verre
Que son reflet dans le brouillard de ses reflets.

Telles sont les choses qu’on les voit ; on les voit
Telles qu’elles sont et qu’on les voit et tellement
Qu’elles sont : elles et telles et qu’on les voit.



Laurent Albarracin


 
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plexus,

emprunté au latin de basse époque plexus «entrelacement», dérivé de plectere «tresser»

ET

s, la dix-neuvième lettre de l'alphabet et la quinzième des consonnes.


 

 

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